dimanche 2 avril 2017

La volonté du père

Un homme qui avait deux fils dit au premier vas faire  ceci ; le premier fils, drapé dans l'habit du respect  répondit que bien sûr mais n'en fit rien il s'appelait Francois. Il s'adressa alors au deuxième Jean-Luc qui refusa mais qui une fois  rentré en lui même fit quand même ce que son père lui avait  demandé.      Alors lequel des deux réalisa la volonté du père ?      Et bien oui c'est là où est toute la question.      Est-ce celui qui vient pérorer sur les plateaux télé  qu'il est croyant   et qui dans son costume à sept milles euros interpelle des aides soignantes sur l'urgence qu'il y a à les voir  travailler davantage ; ou celui qui dit n'être d'aucune obédience  mais qui réclame que l'effort soit fourni par chacun en fonction de ses  moyens, que celui qui a déjà beaucoup, doit être davantage mis  à contribution que le plus modeste, qui célèbre les valeurs que beaucoup tiennent pour religieuse ? Il m'ai d'avis, que le gourdin utiliser il y deux  milles ans dans le temple de Jérusalem nous serait aujourd'hui bien  utile pour chasser du pouvoir la cohorte des faux dévots, ces  légions de brutes qui ont le toupet devant la misère la plus  révoltante d'invoquer le réalisme économique. Ceux dont le ventre arrondi par des années à téter la mamelle des deniers publiques et qui expliquent aujourd'hui  qu'il est temps leur petit rot accompli qu'il faut que l'état  maigrisse. Que l'ISF c'est injuste mais que demander à une infirmière  dont je rappel au passage que le salaire ne permet pas d'acheter la  veste de monsieur Fillon qu'elle doit accepter d'en  fournir un peu plus est parfaitement acceptable. Alors à tous ceux qui portent un souvenir de leur foi  autour du coup, demandez vous si celui dont vous célébrez les idées  aurez vu d'un bon oeil qu'on en prenne davantage aux plus  modestes pour engraissez les plus riches, si dans une nature déjà en péril il est encore temps de surcarbonner nos consommations ?  Fut une époque ou un grand homme à conspuer les hypocrites  en leur disant "vous vous pliez devant la lettre de la loi mais  vous trahissez le coeur de la loi".
Aujourd'hui un cap est  passé même la lettre est foulé au pied.

samedi 20 août 2016

Les anges aux figures sales

Voyez bon peuple de France comme la misère et le malheur sont proches de chez vous, voyez comme ces pauvres ombres plongent dans le puits sans fond du désespoir, acculés à un semblant de survie aussi pathétique que funeste.
Et réjouissez vous d'en être soustraits.
C'est à peu de choses près les réactions qui s'en sont suivies sur les ondes au lendemain de la diffusion du reportage sur les habitants du quartier de Saint Leu à Amiens. Pauvres de Saint Leu, malheureux objets d'une injuste indifférence que la misère a propulsé sous les feux de la rampe pour mieux effrayer la classe qui se dit moyenne. Et en effet elle l'est moyenne, dans son indignité à savoir si l'on doit ou pas plonger les yeux dans le miroir de la laide vérité. Dans son indécence à s'interroger pour savoir si ces salauds de pauvres font bien tout ce qu'il faut pour s'en sortir et ressembler enfin à de dignes contribuables. Et pourtant, à un coeur compatissant fallait il plus que les jolies yeux rougis de larmes de la jeune Cindy et pourtant si pleins de courage pour s'émouvoir ? fallait il davantage que le sourire de Monique sans le sou mais accueillant à sa table comme elle disait "des tchios bien malheureux..." pour trouver à ces gens toute la dignité que beaucoup ont bafouée par leurs critiques stériles. L'enfer qu'on leur prête comme vie pouvait allègrement se passer du purgatoire des jugements dont ils ont fait l'objet. Et si à la faveur d'une saine colère on cherche un coupable, c'est bien dans la liste des évadés fiscaux qu'il faut le chercher et pas dans ces maisons délabrées dont ils sont parfois expulsés pour trois cents euros de loyer impayé. Notre société finira-t-elle comme monsieur Gray,  refusant de voir le sordide portrait qui est pourtant le prix de son artificielle beauté ?

 courage frères du Nord. Le troisième livre de Dante c'est le paradis, ... celui où tout les anges ont des figures propres.

jeudi 28 avril 2016

les décérébrés de la place de la république

"...les occupants de la place de république n'ont rien dans le crâne." N.Sarkozy

C'est une bande de jeunes sots qui pensent qu'un autre monde est possible. Qu'une société plus égalitaire moins liberticide et plus solidaire est la solution. Et, c'est cela qui fait d'eux des sots.
Le plan est pourtant simple, formation, consommation, exploitation. 
Quelle bande d'ingrats ! Nous qui avons tant fait pour vous, et aujourd'hui vous osez venir nous parler de vos rêves de grandeur, de justice, d'équité. Savez vous les trésors d'efforts déployés pour bâtir vos misérables quotidiens ? Les calculs harassants que nous avons mis en place pour amputer du capital, le nécessaire à la paix sociale ? Les numéros d'équilibriste que nous devons exécuter pour laisser à la masse l'illusion de la liberté et du bonheur ? Mais non, pas le moindre respect pour notre travail.
Pour des gens qui n'ont de cesse de réfléchir sans relâche à la manière de vous aidez à vous passez de ce qui est nécessaire.
Alors de grâce laissez nous en paix. Et si vous avez été assez intelligents pour analyser le système, alors c'est qu'il y à une place pour vous. Voyez comme il est possible de passer de l'UNEF à la mairie de Paris, de SOS Racisme au gouvernement. Vous voyez que le système n'est pas si méchant.
Il faut s'y faire, la seule révolution qui vaille c'est celle qu'on exécute d'un poste de député à ministre pour redevenir député. Oh vous ne le deviendrez pas tous, vous êtes si nombreux sur cette place, mais vous aurez besoin de conseillers ;-)
Alors convaincus ? SUPER 
Ouf on a eu chaud, pendant un moment nous avons pensé que vous iriez au bout du combat.


Alors bienvenue chez les gens qui ont quelque chose dans le crâne... mais rien dans le coeur.


Toute vérité franchit trois étapes. D'abord, elle est ridiculisée. Ensuite, elle subit une forte opposition. Puis, elle est considérée comme ayant été une évidence. A.Schopenhauer




jeudi 3 mars 2016

Les témoins

Voici bien longtemps que les deux témoins observaient la danse frénétique des âmes dont ils avaient la charge. Ils avaient au début beaucoup échangé sur les destinées singulières de leur ayant garde, mais le temps faisant, les mots avaient laissé place à des échanges de regards seuls véhicules dignes de la profondeur de leur sentiment.
A mesure des vies accompagnées, le questionnement sur le choix des hommes à leur détriment était resté sans réponse. Eux que le créateur avait choisi à tout autre, usaient du don le plus précieux de la création sans le moindre discernement. Comment les élus du Tout Savant, pouvaient ils se conduire ainsi.
Avaient ils déjà oublié ce qui les avaient conduit hors du jardin de la félicité ?
Et pourtant malgré leurs outrances sans limites ils demeuraient les écrins du précieux dépôt. Chacune de leurs actions était librement consentie, ils n'étaient contraint à rien mais invités à tout.
Il arrivait pourtant en dépit de leur nature, que l'un deux inspiré par l'insondable, s'élève plus haut que ses pareils et se met à réaliser la mission qu'il leur fut confiée. Alors la création entière faisait silence pour observer l'homme dans ce qu'il a d'unique. C'était celui ci face à la foule gavé de haine qui avait dit "que celui qui n'a jamais péché lui jette la première pierre". C'était cet autre qui chassé par les siens avait dit "seigneur pardonne à mon peuple ils ne savent pas ce qu'ils font." c'est dans ces moments, que les témoins comprenaient pourquoi l'homme fut choisi. Inspiré par la grandeur du vivant, les fils d'Adam avançaient vers une destinée que même le ciel et les montagnes avaient déclinée. Le regard chargé, les témoins réalisaient alors combien savant était le créateur et pourquoi jadis leur genoux avait touché le sol.


dimanche 14 février 2016

Quand j'habite au 34 avenue des Sycomores

Quand les boulevards pluvieux de ma vie m'égarent au sein de mon âme, je cherche alors le chemin qui mène à l'avenue des Sycomores. A mesure que je remonte cette avenue la pluie se calme et le soleil se fraie un passage discret entre les branches des allées d'arbres.
Devant chaque maison, il y a une pelouse où les enfants ont laissé leur vélo et leur trottinette.
Je pousse le pas et arrive devant le numéro 34. Sans m'être complètement inconnue, cette maison n'est jamais tout à fait la même. La grosse porte marron est entre ouverte et je la pousse. J'arrive dans un corridor au sol carrelé de blanc et d'orangé. Sur la gauche il y a un grand escalier de bois vernis, je m'y attarde un instant et le touche en fermant les yeux. Alors me reviennent du fond de ma mémoire, des souvenirs de jeux et de rires. De la cuisine qui est en face, une odeur de pain qui cuit me replonge dans un amour et un bien-être qui m’enivrent presque quand soudain une femme apparaît. Elle a les bras chargés d'un plat et me regarde en souriant. Elle porte une robe de coton bleu et ses cheveux sont remontés de part et d'autre d'une barrette de bois, je sais que c'est ma mère. A chacune de mes visites, son age est celui dont j'ai besoin. Elle a parfois 75 ans et me rassure, elle a parfois 50 ans et me conseil, elle en a parfois 30 et me console. Je tourne la tête vers la droite car elle m'invite à entrer dans la salle à manger. Je la suis et là autour de la table des enfants y sont réunis. je les reconnais ce sont mes frères et mes sœurs qui se régalent du repas en riant. La tête de table est occupée par un homme. Il porte une chemisette de lin beige sur des épaules puissantes et sa chevelure brune brille.
Il reste une chaise libre entre l'un de mes frères et l'une de mes sœurs et je vais pour y prendre place sans quitter l'homme du regard dont j'ignore encore le visage mais que je sais connaitre. C'est mon père. Il pose sur moi un regard d'un amour infini et me sourit. A cet instant précis, tout mal, toute peur m'est étrangère. Il me tire de mon extase en me disant te voilà  tu nous a manqué nous t'attendions et je réponds juste merci moi aussi papa.
Alors moi aussi je prend part au repas et me mets à rire avec mes frères et mes sœurs sous le regard de papa et maman.
C'est ma maison ! Celle où je retourne quand au dehors il fait froid et que j'ai peur.
Alors si toi aussi le gris de la vie te fait parfois frémir, viens m'y rejoindre quand tu en as besoin.
Il reste quantité de maisons libres pour celui qui veut y mettre ceux qui habitent son cœur.
J'y suis arrivé sur les conseils d'un monsieur admirable qui se nomme Capra.
Il m'y a accompagné en me prenant par le bras et m'a présenté nos voisins. Des gens formidables qui eux aussi cherchaient une maison.
Il habitent au numéro 35 se sont les Bailey, Georges et Madeleine Bailey.



vendredi 29 janvier 2016

La singularité

Bien avant le temps et l'espace, elle était présente.
Perdue dans le chaos primordial le créateur la libéra en lui disant soi ! Alors toute chose fut dans l'univers.
En un instant que nulle échelle ne peut mesurer, l'univers entier pris naissance et cette formidable explosion créatrice étendit la matière jusqu'aux confins de l'infini.
La singularité, c'est le nom que les hommes lui ont donné.
Depuis le berceau du monde de minuscules parties de la singularité furent projetées dans l'espace et jusqu'à la fin des temps elles vogueront à la recherche de celui qui les libérera.
C'est cet instant où tout bascule ; où tout devient possible.
Ce moment où à la faveur de ce qui est plus grand que nous, tout change et où l'on se met à vibrer avec l'univers tout entier.
C'est cet appel que l'on doit passer car quelque chose au fond de nous nous dit que ça peut tout changer, C'est cette improbable décision qui nous amènera vers un après dont on ignore tout mais qui doit être ainsi.
Chaque jour les particules voguent autour de nous, elle nous parlent dans la langue universelle, celle qui a existé au commencement.
Alors fermez les yeux et écoutez leurs voix.
C'est par amour que le monde fut créé et c'est dans cette langue que tout est exprimé.
Un regard bienveillant à l'autre et c'est le début de l'explosion qui donnera naissance à un empire.
Porter assistance à un orphelin et voici que le destin d'un rédempteur est scellé.
Alors vos rêves d'enfant ne deviendront jamais les regrets de votre maturité.
Mais ayez aussi à l'esprit que lorsque la poussière de la première étoile qui fut vous aura touché, elle aura juste retrouvée le chemin de ce dont elle faisait partie lors de la fondation du monde.
Ou alors peut être que lorsqu'elle nous touche ce n'est pas elle qui vient à nous mais nous qui retournons un peu chez nous.




jeudi 14 janvier 2016

Le premier matin du monde

Il avait veillé la nuit entière scrutant l'horizon attentif au miracle promis.
Les anciens lui donnaient en arabe le nom de "Khayt el abyad" le fil blanc.
Une infime lueur, le présage visible de l'inéluctable victoire de la lumière sur les ténèbres et c'est quand il faillit sombrer dans la torpeur que le signe se manifesta. Il contempla le pathétique combat de la nuit cherchant refuge dans les entrailles de la terre pour échapper à son tragique destin et au triomphe sublime de la lueur matinale sur le monde.
Il ferma les yeux après ce prodigieux spectacle et les ouvrit sur une aube telle qu'il n'en avait de mémoire jamais vécu.
Il contemplait la majesté de la création et ses yeux qui avaient naguère vu tant de noirceur, observaient à présent chaque chose, chaque créature comme les éléments indissociables d'un tout unique.
Il pouvait en toute chose voir l'éclat d'une miséricorde infinie, le sceau d'une promesse à jamais scellée. Le monde était comme au lendemain de sa création exempt de toute souillure, débarrassé de l'imposture de la civilisation.
Le sage qui l'avait recueilli lui avait enseigné que le salut pour un homme comme lui ne pouvait avoir lieu qu'en renaissant une seconde fois.
Il respira profondément pour emplir ses poumons de cet air nouveau et resta debout jusqu'à la défaite totale de la nuit.
Enveloppé de la lumière divine, il comprit que désormais il assisterait chaque matin au premier jour du reste de sa vie.

dimanche 3 janvier 2016

Merci pour cette année




Je voudrais souhaiter à tous les lecteurs une bonne et heureuse année 2016 et vous livrez quelques un de mes vœux :

Que 2015 garde prisonnier dans les filets du passé vos peines et vos douleurs.
Qu'un avenir meilleur s'écrivent sur les pages vierges du grand livre de la vie pour chaque créature.
Que la bienveillance devienne une nouvelle manière pour chacun d’appréhender autrui. 
Que le prodigieux spectacle de la nature nous encourage a agir pour sa sauvegarde.
Que lettre de la loi ne fasse pas oublier le cœur de la loi.
Que dans nos jugements nous soyons mesurés car cette avec cette mesure que nous serons jugés.
Que nous gardions a l'esprit qu'un repas modeste partagé vaut mieux qu'un festin de roi solitaire.

J'aimerai pour conclure emprunter les mots du regretté Walt Whitman : 

Que le prodigieux spectacle continue et que tu peux y apporter ta rime…

 



vendredi 18 décembre 2015

De profundis

là où l'amour, la bienveillance et l'identité ont échoué, c'est à la médiocrité qu'on peut confier le périlleux chantier de l'unité.
Venez comme vous êtes à dit l'ami Ronald McDonald.
Faite juste le ménage dans vos méninges et le tour sera joué.
A quoi bon croire  quand il est si simple de se laisser aller ? car après tout vautré dans le pus de la banalité crasse, c'est juste l'esprit qui finit noyé.
A quoi sert cet encombrant compagnon qui incite à l’effort au détriment du réconfort.
Chez nous il fait chaud et c'est bon, Jaune, Noir, Blanc ont est tous cons.
Cède mon tendre ami à la capitulation et rejoint le monde  United color of Benetton.
Un univers où ton sur ton nous ferons de toi un gentil petit mouton bêlant le ouiiiiii le nonnnn au rythme des collections, oups! pardon nous voulions dire des saisons.
Ce sera toujours toi, certes débarrassé du nous mais toujours toi résumé à la somme des lieux communs qui font la pensée aujourd’hui.
Rêve avec nous mon ami du monde 2.0.
De ce futur proche où l'université sera remplacée par la café du commerce, où Mozart et Beethoven seront relégués au rang de reliques, Balzac et Céline finiront oubliés et où soldats et criminels par leurs uniformes uniquement seront différenciés.

La où aucune autre lumière ne pourra briller

Le chant de la nation avait retenti par delà les nuées.
Tous observaient maintenant l'horizon. La mine grave, ils savaient tous qu'une aube nouvelle arrivait.
Rien ne serait plus comme avant.
Apporterait elle joie et félicité ? Nul n'en jurerait pour l'instant.
Swan Jim, le visage fermé, écouta en silence le nom des victimes s'égrainer lentement,  un à un comme pour laisser à chacun le temps de s'envoler vers le ciel gris de ce matin de novembre.
Son âme, avançait maintenant sur la mince poutre de la raison en équilibre entre les précipices de la colère et du désespoir.
La minute de silence touchait à sa fin et il aurait voulu à cet instant, délivrer sa poitrine nouée d’angoisse par un hurlement de rage. Il balaya la foule du regard comme pour disperser les sombres pensées qui encombraient son esprit et s’arrêta sur un couple, c'étaient les parents d'une des victimes.
Leurs visages graves exprimaient une douleur infini, une peine infini et sans y réfléchir il se dirigeât vers eux sans même savoir ce qu'il leur dirait.
Il approcha d'eux mais fut incapable de prononcer le moindre mot.
Il resta figeait devant eux sans pouvoir agir jusqu'au moment ou la femme le prit par le bras.
Elle planta son regard dans ses yeux hagard et lui dit merci.
Elle n'exprimait aucune haine, aucune colère juste une immense tristesse.
Il ne put rien répondre et souri comme il le pu à cette bienveillance dont il aurai tant voulu être l'artisan.
Il s'éloigna l'esprit confus en fixant au loin ces gens d'une force et d'une dignité telle qu'elles avaient fait naître en lui une petite lueur au milieu des ténèbres.
Il s'était rendu à cet hommage avides d'un absolu obscure mais en repartait sur d'une choses.
Sans la foi, en l'autre, en ce qui unit un même genre, nul besoin de la perte d'un enfant ; un regard
suffira à  éteindre l’humanité.

dimanche 25 octobre 2015

Société juste ou juste la société ?

La société, c'est cet ensemble qui est censé garantir à chacun le respect de ses droits en échange du respect des devoirs.
Alors que penser d'une société où la violence la plus extrême peut s'abattre sur une partie de ceux qui la compose de manière "légale" quand à l'inverse une chemise déchirée provoque une vague d'indignation politico médiatique ?
Car en effet, si le streap tease involontaire du DRH d'air France le laissant top less devant les caméras n'est pas des plus délicats, il parait évident à chacun que son sort est sans commune mesure avec celui de ce père de famille qui rentre le soir chez lui et qui doit expliquer que malgré les excédants fabuleux de son entreprise, "ON" a décidé de le licencier.
N'est ce pas dans la considération des situations que la violence prend tout son sens. C'est le début pour ces milliers de personnes de la lente descente vers la précarité, vers les rendez vous honteux à la banque,vers parfois des drames familiaux où celui qui a joué le jeu se voit subitement consideré comme une charge.
Alors oui, j'ose dire que déchirer la chemise de celui qui vient vous expliquer que vous n'êtes plus utile, plus rentable et qu'à cet égard vous êtes remercié n'est pas un crime, c'est tout au plus le cri de désespoir de condamnés qui savent que débute pour eux une traversée d'un désert parfois fatale.
C'est le dernier soubresaut de dignité qui dit nous ne nous laisserons pas anéantir sans résister.
Si je compatis humainement au choc psychologique qu'a pu vivre ce DRH et que dans une société juste ce geste n'aurait pas du avoir lieu, alors que mérite le conseil d'administration d'une société qui pour faire saliver ses actionnaires, n’hésite pas à licencier des milliers de loyaux salariés ?
Bénéficieront ils de la même bienveillance médiatique ?
Ou est ce à dire que la société nous enseigne que les violences permises en son sein, sont celles qu'elle juge rentables?

jeudi 22 octobre 2015

Entre Ciel et Terre

Il avait pour lui les certitudes inébranlables que confère la sécurité d'une existence à l'abri des épreuves et réagissait aux destins tragiques de ses semblables avec la mesure des gens bien nés.
La vie avait fait de lui un de ces hommes sûrs de leurs opinions ; qui estimait au jugé et qui donnait aux autres son avis qu'il voulait le bon sur chaque chose.
Au hasard des occasions, il théorisait le si, expliquait le ça et dans sa bouche, les souffrances et les faiblesses s'articulaient en une équation d'éléments déterminés à ne donner rien d'autres que ce à quoi ils avaient concouru.
Mais restait la question du pourquoi.
Cette particule primaire qui échappe à tout raisonnement.
Cette brique élémentaire de la vie qui n'a ni masse, ni taille et qui pousse à faire le choix de l'autre au détriment de soi.
Le créateur swt l'a fait naître, la vie l'a fait grandir.
Elle nourrit le ballet cosmique qu’exécute la matière et crée le pont entre le visible et le caché.
Malheur à celui qui en est pauvre car en effet alors toute vie s'explique, se calcule se jauge.
Mais toute chose étant inscrite dans le temps alors vient l'heure de la vacuité.
Amour et espoir ne sont plus alors que des orphelins sans racines, infortunés spectateurs d'un néant inéluctable.
Mais voici qu'à la faveur d'une épreuve, la question revient.
Pourquoi ?
Pourquoi moi, pourquoi à moi ?
Les mathématiques ne suffissent elles donc plus à bien vivre ?
Est ce à croire qu'une autre science réclame sa livre de néant ?
Une vie affranchie du fardeau de la compassion ne rendrait-elle pas indestructible ?
Ne reste au finir du funeste raisonnement que l'inévitable abandon.
Cette remise de son âme aux mains de qui la consolera.
Mais il est un préalable au céleste voyage.
Déployer les ailes faites de la particule élémentaire qui est la foi.

vendredi 4 septembre 2015

On dira de nous...

Le matin de son exécution le roi Charles 1er mit deux chemises "...si le froid me fait trembler dit il mes ennemies diront que c'était de peur. Il me déplairait de m'exposer à une telle honte."

Les grandes occasions réclament de nobles postures.
Alors que dira-t-on de nous Français demain ?
Serons nous ceux qui l'hiver de la tragédie Syrienne passait, rougirons devant le courage de nos voisins Européens ?
Serons nous ceux qui ont préféré à la survie d'innocents, les menaces d’austérités  brandies par les sonneurs de tocsin droitiers du pays ?
Serons nous les grands absents de la reconstruction de ces familles touchées dans leur chaire ?
Ou serons nous ceux qui ont dit plus jamais ça ?
Serons nous ceux qui ont bravé leurs instincts primaires pour offrir à d'autres Aylan la chance d'aller plus loin que les plages Turque ?
Serons nous de ceux qui diront plus tard à leurs enfants " ça n'était pas facile, mais nous avons fait ce que la morale commandait."
Oui la France ne peux pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa juste part.
Notre place au conseil de sécurité ne nous impose-t-elle pas de faire mieux que l'Allemagne ?
La cinquième puissance économique du monde sera-t-elle plus généreuse que le Liban ?
Dans un monde ou l'honneur fait défaut le panache reste une réponse enviable à l'indifférence.
Alors nous répondrons.

Mais j'aime à croire que nous répondrons présent et que nous combattrons cette tragédie non par intérêts de position n'y par honte, mais parce que nous sommes attachés à la liberté à l'égalité et aujourd'hui à la fraternité.



jeudi 27 août 2015

Soumeya

Elle s’asseya sur la pelouse du parc et s'adossa à un arbre.
Là dans ses bras, Hayat sa petite fille, dormait d'un sommeil si lourd que les cris des enfants alentours génèrent à peine.
Les branches du saule, formaient au dessus d'elle une voûte protectrice qui filtraient des rayons du soleil juste ce qu'il fallait pour réchauffer ses soixante seize ans.
Tout en berçant Hayat, elle observait les hommes qui plus loin discutaient avec les autorités à grand renfort de gestes, tantôt menaçants, tantôt suppliants.
Un des jeunes du village avait prit avec lui sa guitare et là non loin d'elle il se mit à jouer.
La douce mélodie l’entraîna loin des joutes oratoires des hommes et elle regarda le paysage de ce bel après midi d’Août.
Elle fixa l'horizon là où le ciel et la terre se rencontrent comme deux chastes amants cherchant le refuge des amours interdits.
elle ferma les yeux et s'assoupie.
La musique du jeune homme l’entraîna vers des lieux familiers et elle reconnue les rues de Homs.
De la boutique de son cousin Hamza le cordonnier elle pouvait entendre le marteau qui battait le cuir et sentir l'odeur de la colle qui embaumait.
Elle s'approcha doucement et vit Ali qui se précipita hors du magasin et la serra dans ses bras.
Oumi Oumi comme tu m'a manqué.
Mon fils, c'est bien toi ?
Oui oumi c'est bien moi tu me rejoins enfin.
Mais ou suis je ?
Tu es chez nous maman, c'est fini tout est fini.
Ils sont tous là maman, Leila, Samir et papa ils vont être fou de joie quand il te verront.
Assied toi maman je vais les chercher.
Non.
Non mon fils vient, vient près de moi.
Elle ferma les yeux avec force et se mise a pleurer, mon amour que n'étais je là pour te protéger le jour ou ils sont venu.
Elle le prit et se mise à le serrer dans ses bras aussi fort qu'elle le pût.
Toi mon tout petit mon dernier, pardonne moi, pardonne moi je n'étais pas là quand ils sont venus.
Tu n'aurais rien pu faire maman, ils n'épargnaient personnes n'y les femmes n'y les vieillards n'y les enfants. Papa a bien tenté de protéger Leila mais il n'a rien pût faire.
Mais ça n'est rien car ici c'est comme avant, plus de pleures plus de peurs et on y est pour toujours.
Elle l'aurait voulu plus que tout, mais elle le serra une dernière fois et lui dit à bientôt mon fils.
Elle ouvrit brusquement les yeux, juste à temps pour voir Hayat se réveiller.
De Samir son aîné la petite avait héritée les yeux.
Elle prit dans le petit sac estampillé HCR une sucette à la fraise que la fillette attrapa en souriant.
La route sera encore longue depuis la Hongrie vers l'Allemagne.
A Cologne, elle y retrouverait un neveu qui avait réussit aux dernières nouvelles à s'y installer.
Son martyr pourrait y prendre fin.
Mais avant, elle devait s'assurer que Hayat aurait un avenir et, qu'elle serait celle qui raconterait un jour à ses enfants que sa grand mère Soumeya avait existé.

mercredi 8 juillet 2015

Extase et Agonie

Et voici qu'a commencé la dernière décade.
Il était arrivé discret, s'installant comme l'aurait fait un voyageur mystérieux tapant à la porte par une nuit de nouvelle lune. Qui l'acceptait sous son toit, devait savoir qui il était, et ce qu'il avait à offrir. Nulle gloire ou richesse. Mais l'extase.
Il fallait pour y parvenir affronter l'agonie, car ce n'est que dans la mort du moi que pouvait naître le nous sublime. Ainsi l'équilibre de toute chose était respecté.
Agonie des sens, c'est en tarissant la source des désirs qu'il faisait jaillir celle du bien infini.
Épreuve à la mesure de l'enjeu ; et à certain juste la faim et la soif pour prix de leur impatience.
Mais à d'autres, le mirage du paraître faisait place à une lumière venue du dedans comme une promesse de vie futur débarrassée du fardeau de l'envie.
Le privé volontaire assistait alors au ballet des suppliants apportant au temple de l’ego  les offrandes apaisants le courroux  du désespoir.
Le temps d'une chiquenaude, il n'était plus être mais esprit, se nourrissant de l'amour de l’invisible, de l'impalpable.
Il arrivait devant la lisière d'une forêt enchanteresse pour contempler le royaume de la grâce qui l'accueillerait au finir de son parcours.
L’inquiétude du manque des premiers jours, passée invariablement à celle d'être à nouveau devant l'abondance.
Nous laisserait il prisonnier des fruits de la terre ?
Il promettait qu'avec la permission du tout vivant il reviendrait à nous l'an prochain au signal de l'astre nocturne pour nous faire don à nouveau du gout de l'extase.

dimanche 5 juillet 2015

Civilisation contre Barbarie

Le soleil était déjà haut lorsque le bruit du klaxon le réveilla. Il tira sur sa couverture pour libérer son visage et regarder cette masse grouillante qui accélérait le pas dans toutes les directions. Les uns s'extirpaient de la bouche de métro suffoquant et haletant en quête d'air frais quand d'autres y pénétraient la mine résignée, contraint d'affronter la chaleur de ce royaume souterrain ou les désagréments habituels étaient exacerbés par la canicule écrasante de ces derniers jours. La ratp avait été pourtant prévoyante, elle offrait à ses usagés des rafraîchissement pour soulager la chaleur intolérable mais rien ne semblait pouvoir apaiser la souffrance des voyageurs.
Il se redressa avec difficulté pour s’asseoir et chercha à taton derrière lui la bouteille d'eau qu'un passager compatissant lui avait offert. Il fit couler au creux de sa main l'eau tiède et la passa lentement sur son visage.
Aurait il comme hier, à la faveur d'un remord fugace, la chance de voir un passant lui déposer au creux de sa casquette ce ticket restaurant salutaire ?
Il se lèverait alors et irait jusqu'au coin de la rue Lepic et du boulevard de l’hôpital pour acheter un kebab. Il épargnerait la moitié pour le soir, mais surtout il rêvait encore de cette bière fraîche de la veille ; blondeur au parfum amère qui soulage l'instant sans promesses à venir.
Déjà deux heures mais toujours rien.
La croix lumineuse de la pharmacie affichait maintenant "Jeudi 3 Juillet 14:38 39,7°".
Était ce la faim, la soif ou la chaleur mais le monde exécutait devant lui une danse enivrante qu'il tenta de commenter par des paroles, censés pour lui mais incohérentes au sortir de sa bouche.
Barbare!
Barbare!
Mais les cortèges sans fin d'incroyants lui jetèrent des regards interloqués pour les plus compatissant.
Il s'allongea à nouveau sur son carton et répéta en pleurant: barbare !
Il déborda sans s'en rendre compte sur le trottoir et les passants l'enjambèrent à la manière d'un obstacle qui barrait la route à leur destinée active.
Il regarda le ciel et continua à répéter : barbare!

lundi 15 juin 2015

l'océan sans mémoire


C'est aux portes du Nefoud, que les bédouins appellent aussi l’enclume qu'il fût abandonné.

Là, devant cette étendue martelée par le soleil, là dans cet océan de sable sans horizon, là où le néant côtoie l'infini, allait débuter la véritable épreuve de son existence.
Lui le marchand d'esclaves, lui le criminel honni de tous, lui qui avait juré vengeance à ses juges, se trouvait face à son destin.
Dépouillé des apparats de la vie terrestre, il était livré aux bras impitoyables du soleil qui dans leurs étreintes passionnées brûlent les chaires des amants malheureux et brisent les rêves d'issues.
Il se retourna une dernière fois pour observer les remparts de sa ville, gravant à jamais dans son esprit l'image de son passé  et débuta alors sa marche vers l'inconnu ou chaque pas, chaque regard porté à l'horizon le rapprochait d'un lieu qui n'existe que dans le cœur de celui qui espère l'impossible.
La haine au cœur et la mâchoire serrée, il se jura de revenir pour faire payer au monde son infortune.
Mais après trois jours de marche, ses propres yeux le trahissaient.
Il apercevait au loin, des caravanes de marchands qui s'évanouissaient à son appel dans les vapeurs brûlantes du désert.
Le rire moqueur du vent venait piétiner ses espoirs de salut et lui rappeler que ses seuls compagnons seraient la morsure de la faim et le baiser brûlant de la soif.
La nuit, le rire du vent se transformait en complainte et hurlait à ses oreilles des récits de regrets, d'actes manqués et de questions sans réponses.
Il se mit à sourire et brusquement un rire de dément s'empara de lui, déformant son visage. Il hurla alors un torrent d'insultes au ciel comme pour défier le destin ; mais seul le sifflement du vent vint lui répondre.
Le rire se transforma en sanglots et les larmes jaillirent. Ses yeux humides observaient maintenant le ciel suppliant qu'on lui donne la chance du retour.
Ses vaines supplications l’entraînèrent vers le sommeil et dans le songe il trouva cet oasis improbable qui offre à l'égaré l'ombre salutaire du dattier et l'eau rafraîchissante du puits.
Mais à l'aube, le rêve pris fin quand le soleil  frappa ses paupières pour lui rappeler la cruelle réalité.
Il se leva et avança droit devant lui hagard.
La colère, le désespoir, la rancœur l'avaient quitté.
Il avançait maintenant comme dépouillé de tout, s'en remettant à qui voudrait comme un amnésique cherchant le chemin de sa maison.
Et, c'est arrivé aux limites des forces humaines, qu'il s’effondra sur le sable.
L’alcool du désert, avait nettoyé son âme.
Il sentit une ombre sur lui et une main vint se poser sur son front.
Était ce la mort ?
Il s'éveilla sous la tente d'un caravanier.
L'homme qui lui faisait face, avait le visage buriné et fort de ces marins qui traversent les étendues de sable d'une rive à l'autre du désert.
Quel est ton nom l'ami ?
Mon nom ?
Oui tu as bien un nom ?
Je l'ignore, je sais juste que je marchais dans le désert.
Et bien, que peux bien faire un homme sans nom dans le Néfoud ?
Je l'ignore.
Tu es un homme à la destinée bien curieuse mon ami, choisi ton nom car je jure par celui qui tiens ma destiné entre ses mains, qu'un homme qui à traversé le Néfoud a le droit de choisir son nom et une destinée tout aussi nouvelle.




samedi 6 juin 2015

Il était une fois....

Il était une fois un roi riche et sage qui aimait au hasard du temps se fondre à l'ambiance bruyante de la foule des rues pour connaitre les joies et les peines de ses sujets.
Un soir, alors qu'il eut fini son repas il prit son manteau et sortit du palais pour une promenade à la lumière orangée du crépuscule.
Plongé dans ses pensées il n'avait de cesse, de peser le poids de ses choix afin d'assurer la plus complète probité à ses décisions.
Cependant, alors que chemin faisant il s'était éloigné des remparts de la ville, il vit une femme entourée de trois enfants qui semblait préparer un repas.
Cette image l'attendrit et il se laissa aller à sourire devant cette vision du bonheur simple, quand soudain un détail vint attirer son attention.
Les marmites étaient vides.
Il regarda avec plus d'attention, mais en effet cette femme feignait la préparation d'un repas sous le regard de ses enfants sans rien à faire cuire.
Il se décida à lui demander pourquoi elle faisait pareille comédie et la réponse de la femme vint le frapper avec plus de violence que ne l'aurait fait un taureau le chargeant.
Vois tu l'ami je suis une pauvre femme et n'ai plus de mari.
Et pendant que notre souverain festoie dans son palais, je suis obligée de faire patienter mes enfants comme je le puis.
N'ayant rien à leurs offrir, je m'affaire dans l'espoir qu'ils s'endorment avant la fin de ma supercherie.
Pris de pitié, il lui offrit les quelques fruits qu'il avait achetés chez les commerçants de sa ville en se félicitant de cette aumône de circonstance.
Les enfants le ventre plein et le sourire retrouvé, remercièrent cet inconnu providentiel et allèrent se coucher.
Il salua la femme et allait se remettre en route quand elle lui répondit : "merci gentil voyageur, notre roi t'es redevable, car grâce à ton aumône je serais moins sévère qu'à l'accoutumée ce soir en le maudissant".
Il tourna brusquement les talons et lui demanda mais pourquoi maudire le roi femme ?
Parce qu'il est responsable de ma faim et de celle de mes enfants pardi !
Comment ? le roi te connait il ?
Non et  le malheur est bien là! il a la couronne, la fortune mais il lui manque ce qui fait un vrai roi : la responsabilité.
Vois tu gentil voyageur lorsque petite fille ma mère me contait des histoires, j'aimais celle d'un envoyé du très haut sws qui avait imposé à tous les fidèles de ne manger qu'à la condition expresse de s'assurer du souper de son voisin.
Mais de tels hommes sont partis et nous devons faire aujourd'hui avec des irresponsables qui pensent qu'un titre et une aumône font d'eux des rois.
Il resta debout pétrifié comme frappé par la foudre. Lui qui jusqu'ici se croyait homme de bien, réalisa soudain l'étendue de sa médiocrité.
Il s'excusa maladroitement et courut au palais où les pensées les plus sombres, cognaient à l'entrée de sa conscience.
Que pouvait il faire pour racheter une faute qui, il y a encore quelques heures lui était étrangère, mais qui pesait maintenant le poids d'une montagne sur sa poitrine.
Il  convoqua ses gardes et leur ordonna de préparer un chariot avec toutes les vivres qu'ils pourraient y placer.
Seul il saisit les bras du chariot et commença péniblement à le pousser quand un des gardes lui proposa son aide : Merci mon brave mais au jour du jugement dernier m'aideras tu à porter mes péchés ?
Le garde resta silencieux le regard interloqué et le roi continua à tirer sa charge.
Il traversa la ville sous le regard incrédule des passants qui lui proposèrent de l'aide mais qu'il refusa à chaque fois avec politesse.
Alors qu'il retrouva l'objet de sa rédemption, il lui dit : " femme, le roi a eu vent de ta situation il me fait te porter ces vivres, et te conjure de l'épargner dans tes supplications nocturnes.
Elle répondit : Remercie le roi et dit lui que jamais je ne l'ai maudit, au contraire je priais pour qu'il devienne digne du titre qu'il porte. C'est ce soir chose faite mais reste encore bien des indigents qui espèrent son aide.
Il répondit : "soit sûre femme que le roi n'aura de cesse désormais, de prendre soin des plus faibles et de partager avec eux sa fortune"
Elle répondit : "Et bien dit lui que les cieux se languissent de son arrivée"
Ayant déjà repris sa route il la salua et elle répondit de loin : "merci sire, je vous laisserait en cette place de quoi vous guider pour que jamais plus vous ne puissiez oublier le sens de la responsabilité .
Il la remercia et réalisa dans la seconde qui suivait qu'elle l'avait appelé sire.
L'avait elle reconnu ?
Il se retourna et se précipita vers elle mais la femme et les enfants avaient disparu.
Ils chercha dans le clair obscur mais il n'y avait plus aucune trace de leur présence.
Avait il rêvé ? non c'était impossible. Il se dirigea vers le lieu de leur couche et distingua au sol une forme qu'il prit dans ses bras.
C'était un livre, il s'assit sur sol l'ouvrit et commença à le lire : "Au nom du tout clément, du tout miséricordieux...".


vendredi 5 juin 2015

Républicains UMP

On dit que les présages accompagnent les naissances. D'une comète dans le ciel on devine la naissance d'un libérateur et d'une étoile brillante au firmament celle du rédempteur.
Et toi républicain Ex UMP sous quelle étoile es tu né ?
Certes pas celle de la concorde entre les hommes.
A tout prendre, on aurait envisagé une prière pour l’Europe, un exorcisme contre le démon chômage, un ex-voto pour l'improbable retour du roi mais au grand jamais la messe funèbre de l'esprit laïque et républicain.
Le prima concile des ex UMP présidé par le chanoine du Latran, avait pour sujets les religions et l'islam de France.
On ignore encore pour l'heure les tenants et aboutissants de la bulle qui devrait en sortir.
Quoiqu'il en soit, cela n'annonce rien de bon à qui voulait encore croire à une prise de conscience salutaire par les anciens gouvernants des vrais problèmes qui traversent la société française.
La est donné pour la prochaine campagne des régionales. Coincés entre démagogie et populisme les croyants et plus spécifiquement les musulmans du pays ont du souci à se faire.
Ils risquent d'être bien malgré eux les malheureux sujets d'empoigne des soirées de débat où à qui mieux mieux, Ariane et Aragorne se disputeront dans le dédale du labyrinthe médiatique le chemin menant à l'anneau de l' anticléricalisme primaire.
Au refrain de pirouette cacahuète, la comptine néolibérale des chantres de l'économie de marché risque bien de laisser orphelins ceux qui espéraient encore un égard pour les souffrances dont ils sont victimes au quotidien.
Mais allons soyons optimistes, gageons que les "conti et les lejaby" seront ravis d'apprendre que les prochains gouvernants potentiels restent fermes sur l’homogénéité des menus à la cantine.

samedi 30 mai 2015

La matrice enchantée

C'était une de ces après-midi pluvieuse de mai où la clarté du printemps semblait disputer à la pénombre automnale un droit de cité crépusculaire sur la ville .
Les soubresauts de la route mêlés aux heures de fatigue l'avaient plongée  dans une douce léthargie.
Le sifflement du frein la tira de sa torpeur doucereuse, et elle put voir par la fenêtre embuée qu'elle était arrivée à destination.
Elle descendit les trois marches du bus et leva le regard sur la tour de douze étages où elle vivait avec ses enfants depuis 2001.
La plaque de plexiglas taguée indiquait "Cité des rossignols".
Elle se dirigea  vers son bâtiment où une dizaine d'adolescents canette de bière à la main semblaient défendre l'entrée de la tour comme des sentinelles défendant un fort.
L'un d'eux sans même lever le regard sur elle, ouvrit la porte métallique à la vitre brisée pour la laisser entrer à la manière d'un cerbère sélectionnant les ayants droits au passage .
Elle pénétra dans le hall, et vérifia sa boite aux lettres qui ne contenait rien à l’exception des tracts sur papier glacé proposant pour l'achat d'une pizza la deuxième à moitié prix.
Elle se dirigea vers l'escalier et commença son ascension des cinq étages qui la séparaient de son appartement, il y a bien longtemps qu'elle n'espérait plus l’ascenseur.
Elle louvoyait sur les marches pour éviter les flaques d'urine dont l'odeur rance ne la gênait même plus.
Elle avait été dans les premiers mois obligée d'appliquer sur son visage un mouchoir imbibé de lavande, mais le temps a la vertu de rendre les nez les plus délicats insensibles aux fragrances les plus abjectes.
Le tour de clés dans la serrure donna l'alerte à la maisonnée et comme à son habitude sa benjamine de neuf ans vint à sa rencontre.
L'intérieur tranchait singulièrement avec le palier.
L'entrée donnait sur un couloir impeccable qui ventilait vers les chambres et qui aboutissait au salon, principale pièce où trônait la lourde table de chêne donnée par sa mère, bien le plus précieux qui les avait suivi durant leurs différents déménagements.
Elle y posa ses clefs et prit sa fille dans ses bras.
- Où sont tes sœurs ma chérie ?
tout en mordillant un capuchon de stylo elle répondit : dans la chambre !
Elle ouvrit la porte et vit ses deux plus grandes, l'une affairée sur son portable et l'autre en plein tchat sur un réseau social.
- Ça va les filles ?
Sans lever le nez de leurs écrans elles répondirent sans conviction un "ouai" qui trahissait leur empressement à voir se refermer la porte.
Elle exécuta l'ordre qu'elle avait deviné et courut à la cuisine pour préparer un dîner avec ce que la grâce du réfrigérateur lui offrirait.
Le repas fini elle débarrassa la table et mit au lit la petite  ; elle n'espérait plus l'aide des deux grandes qui le ventre plein s'étaient à nouveau réfugiées dans leur chambre maudissant pour l'une son refus pour un nouveau portable et pour l'autre de ne pouvoir proposer à son petit ami une nuit chez elle.
Devant le miroir de sa salle de bain, elle commença à démaquiller ses yeux qui naguère avaient été si jolis mais que des nuits de sanglots avaient cernés aussi sûrement que l'eau salée érode les coques des navires abandonnés.
Pourrait elle à nouveau plaire ?
En avait elle juste envie ?
Les espoirs de secondes chances, sont les prières de ceux qui croient encore à la rédemption.
Elle, avait opposée aux décrets du destin un fatalisme résigné nourri par la lâcheté des hommes dont le courage pouvait se mesurer à l'aune du silence coupable à ses appels, dont ils faisaient preuve, une fois l'objet de leurs désirs obtenu.
Restait pour elle le royaume de la nuit où à la faveur du songe elle devenait à nouveau cette belle jeune fille amoureuse d'amour.
Là dans les limbes Mab lui contait ces histoires de palais où la pantoufle exauce les souhaits.
Demain ne serait pour elle qu'un jour de plus dans le purgatoire de l'existence où les beaux contes s'évaporent comme la rosée chauffée aux rayons du soleil printanier.


NOCRA

Il est dans un océan de peine traversé par des courants d'épreuves, une île merveilleuse du nom de NOCRA.
Elle ne figure sur aucune carte ;  elle est pourtant bien réelle mais n’apparaît qu'a celui qui est élu. L'humble peut la trouver mais elle se cache à la quête du présomptueux.
Elle est couverte d'une forêt d'arbres majestueux aux feuillets fait de lumière.
Y sont écrits des mots de vérité et de toute éternité.
Le sage y trouve patience et l'érudit le fruit de la connaissance. Pour celui qui y arrive l’âme endolorie, y est inscrit :  " ceci est un remède et une miséricorde ", et à celui dont le passé est lourd que ;  "Miséricorde s'étend sur toute chose".
Nul ne peut l'explorer en une vie car elle est à la dimension des espérances de celui qui la parcoure.
Bien des visiteurs y ont posé le regard, avide d'en faire le tour, mais "le regard leur est revenu frustré d'impuissance".
Le vent dans les feuillets, psalmodie à l'oreille du repentant les devises éclairées venues du tout vivant qui rappelle que la vie est sacrée et qu'a "toute chose mesure doit être donnée".
Alors quand la brise se lèvera:  "faite silence et écoutez afin que miséricorde vous soit accordée".
A l'indigent rassasié qu'elle aura recueilli, elle dit:  part, riche d'une partie de moi et reviens quand à nouveau la faim t’assaillira.
Invoque moi par la parole consacrée et par la permission du créateur de toute chose, j'apparaîtrai.

samedi 16 mai 2015

Ou est l'espoir ?

On retient son souffle et on plonge dans la piscine.
On touche le fond et hop on remonte.
Mais comment fait on quand la piscine est sans fond ?

Paradis, réincarnation, récompense étaient jusqu’à il y a peu les attentes de celui qui vit et qui par définition souffre.
L'arrêt de vie marquait non pas la fin, mais le passage à autre chose qui capitalise en son sein les espoirs.
Si l’anticléricalisme de la fin du dix huitième siècle a affronté avec force le pouvoir séculier, il n'a jamais eu vocation à tuer  la spiritualité.
Voltaire ne disait-il pas " je ne conçois pas qu'il y ait d'horloge sans horloger !"
Le bas moyen age lui même a vu des Jacqueries sanglantes cibler les membres du clergé sans jamais renier la foi chrétienne.
Mais Mai soixante huit, semble marquer la fin d'une époque. Pour la première fois, c'est bien l'objet de la croyance et plus son expression qui catalyse contre lui les attaques de manière à faire "peuple".
L'exemple de la jupe longue en est un des symptômes les plus révélateurs.
Cet habit est acheté dans un magasin a confessionnel, il est porté par tout type de personne ; de NKM à ma voisine mais il devient illicite à la minute même où il est porté dans un but autre qu'esthétique.
En lieu et place de la transcendance, il est proposé le triptyque suivant : liberté d'expression (conditionnée), liberté sexuelle, liberté financière.
Mais malheureusement, nous ne pouvons être soixante cinq millions à passer nos vacances sur un yacht de milliardaire au bras d'un mannequin en traitement palliatif à déliquescence spirituelle.
Là où la qualité fait défaut, c'est la quantité qui est requise.
Trop, trop de footballeurs millionnaires, trop de vulgaire, trop de pacotille font place, la sustentation éphémère passée à la crise de "foi".
Il y a comme un arrière goût d'inabouti dans ce festin capitaliste que la construction européenne dressait en absolu, mais qui aujourd'hui en panne avait pour objectif de combler.
Est ce un hasard si comme E.Todd le fait remarquer dans son dernière ouvrage "qui est Charlie" se sont les anciennes régions à forte emprise catholique, qui se sont rendues en masse lors des manifestations du 11 janvier.
Il y a une indubitable recherche d'idéal à laquelle les politiques Maastrichiennes néolibérales sont incapables de répondre.
Poussé à l’extrême, ce vide engendre des désespérés illuminés en quête d'un absolu devenu meurtrier.
N'est il pas temps de redonner au sens du mot religion sa signification première qui est la réunion ?
Une unicité humaine autour de valeurs dépassant de loin les propositions artificielles donnant à l'être l'espoir d'un infini tout en vivant dans un monde de produits finis.

jeudi 14 mai 2015

La salle d'attente

Il pénétra dans l'immeuble l'angoisse au corps et la démarche mal assurée.
La lourdeur de ses cinquante huit ans pesait sur ses épaules comme pèsent sur les étagères des bibliothèques les beaux livres reliés de cuir qui ne sortent jamais et pourtant combien loquace ils auraient été si on les avait ouverts.
La voix teintée d'une gêne toute provinciale et le ton trop bas, Il se présenta à l'accueil et récita à l'hôtesse son nom et l'objet de sa présence à la manière d'un enfant de paysans se présentant à l'entrée d'une grande école de la ville.
Le sourire grenat de la jeune fille mêlé à un discret parfum de lavande le replongea dans un monde qu'il avait jadis connu mais il y a si longtemps.
Il prit place sur l'un des fauteuils de cuir et passa sa tenue en revue.
Il portait un costume de flanelle grise, seul rescapé d'un passé confortable et relique d'une carrière brillante qui avait depuis une dizaine d'années emprunté le sentier obscure de ceux qui devenu trop vieux devaient céder leur place aux fringants trentenaires armés de sourires carnassiers et de smartphones.
Il avait prétexté un rendez vous galant pour emprunter à l'un de ses amis une chemisette de marque et quelques gouttes d'un parfum trop cher pour lui à l'image d'une cendrillon usurpant sa condition pour s'assurer l'entrée d'un bal où la pacotille et le clinquant sont les gages de ceux qui sont bien nés.
Il n'avait malheureusement pas trouvé le moyen de lui emprunter sa serviette de cuir et dut se contenter d'une pochette de plastique où il avait soigneusement rangé son CV et sa lettre de motivation comme l'aurait fait un hobereaux de ses titres de noblesse pour attester de son droit à jouter avec les chevaliers de la cour.
La porte du DRH s'ouvrit comme celle du purgatoire de Dante ; apparut alors un quadragénaire aux dents trop blanches et au teint hâlé qui l’invita à entrer.
Il se leva et prit garde à dissimuler en tirant sur sa manche sa montre de quartz qu'il jugeait indigne de ce rendez vous et répondit à son interlocuteur un révérencieux : "bonjour monsieur le directeur".
Ayant passé le pas de la porte, son claquement résonna dans sa tête comme l'aurait fait le marteau d'un juge prêt à annoncer sa sentence.
Il s'avait qu'allait avoir lieu le moment fatidique où à la faveur d'un avis, pourrait se dessiner devant lui la fin de carrière honorable qu'il espérait ou s'abattre la phrase consacrée :

"Votre candidature est intéressante, mais nous n'avons hélas pour le moment aucun poste qui puisse vous correspondre."

mardi 12 mai 2015

Du pain et des jeux

Il y a pire pour l'esprit que la malhonnêteté c'est la fausse objectivité.
Elle enfante la condescendance par opportunité.
Pauvre bête ne tentez pas l'orge avec elle, c'est mon purin d'orties qu'elle préfère.
Mise en pratique dans le domaine politique cette manœuvre donne le Ménarisme.
Une offre intellectuelle oblative à des besoins  dyslexiques.
Adouber par Ariane, Sir Menard part lettre de mission en poche,  comme Lord protecteur des cours d'écoles contre la menace sarrasine et artisan de la reddition du linge sur les balcons de la ville.
Et, à sa numération islamo-enfantine de ces derniers jours R.Ménard répond à qui l'en accuse que lui parle de ce que les français veulent débattre.
Le chômage, le pouvoir d'achat en baisse, la précarité semblent être des chevaux de bataille disqualifiés à disputer le prix du président de la république.
C'est sur le dos du canasson infirme de la haine que notre Don Quichotte Biterrois veux partir en campagne.
Un cerveau correctement oxygéné, permet à quiconque de remarquer l'étendu de cette bouffonnerie.
C'est pourtant avec un aplomb stupéfiant,  que R.Ménard assure parler vrai à des gens qui en ont besoin.
L'invraisemblance du propos dispute à l’ampleur de l'enjeux la préoccupation.
Est ce la perspective que de tels gens puissent présider au destin du pays qui est le plus effrayant, ou qu'ils puissent sans aucun respect évoquer le vide sidérale occupant le crane des français, en insistant sur leurs appétences pour le méprisable au détriment de l'essentiel.

A la grogne de la plèbe, Néron répondait par des combats de gladiateurs et des distributions de pain.
Deux milles ans d'évolution intellectuelle, nous amènent, à R.Ménard dressant des listes d'enfants musulmans et publiant des arrêtés municipaux contre le linge aux balcons comme réponses aux légitimes angoisses Biterroises.

Je décline donc l'invitation aux jeux du cirque et préfère me réfugier dans les rêveries du promeneur solitaire.


vendredi 8 mai 2015

E.Todd, le corbeau et le cochon

Il était une fois un rossignol qui disputait avec le corbeau la beauté de leur voix.
Le corbeau affirmait avoir le chant le plus mélodieux de la foret, et le rossignol affirmait lui être le meilleur chanteur.
Ne pouvant se mettre d'accord, ils demandèrent au cochon qui flânait près d'eux, de les départager.
Ayant écouté les deux compères le cochon donna son avis qu'il voulait le bon et sacra le corbeau phœnix vocal des bois et forêts.
A ce verdict, le corbeau prit son envol comblé de joie et laissa derrière lui un rossignol triste et un cochon gêné.
Le rossignol se laissa aller à quelques larmes que le cochon voulu consoler.
Il lui expliqua que dans la vie, il fallait accepter de ne pas être au goût de tout le monde et que sa décision n'était que l'expression de son appréciation honnête.
Il expliqua aussi qu'il espérait ne pas l'avoir trop blessé par sa décision et qu'il voulait voir leur amitié durer.
Le rossignol remis de sa tristesse, expliqua au cochon sa réaction.
"Vois tu maître cochon ce n'est pas d'avoir vu le corbeau élu voix de la foret qui m'attriste, mais sauf ton respect, c'est d'avoir été jugé par un porc qui m'afflige."

C'est un peu ce qu' Emmanuel Todd doit ressentir devant la levée des boucliers Politico-Journalistique qu'a suscité son denier ouvrage.
La vérité à un gout âpre pour certaines oreilles.
Les chansonnettes réactionnaires néocapitalistes semblent mieux adaptées
à l’acoustique mensongère des salles de concert médiatique.

Cher Emmanuel la vérité est aussi un nom de dieu alors console toi en célébrant ton patronyme et laisse chanter les héritiers de ce Voltairianisme sélectif.



lundi 4 mai 2015

Laurel et Hardy chez le psychiatre

C'est moi Laurel, c'est toi Hardy.
C'est moi le maigre, c'est toi le gros !
Il y a en effet le gros, grossier.
Et il y a le fin, finot.
Les deux sont malades mais présentent des symptômes différents.

Pour le premier c'est simple, il se revendique raciste mais son meilleur ami c'est "Momo".
L'expérience sensible suffit à expliquer son état.
Une autoradio volée, une perte d'emploi, un mariage brisé, un fils de 14 ans qui lui dit "j't'enmerde" et hop le cerveau reptilien se met en marche et se cristallise alors la rancœur contre ce qui n'est pas lui.
Le remède est assez simple et tient à peu de choses : l'accroissement du pouvoir d'achat du sujet en traitement à court terme et la rencontre d'une belle bronzée gironde avec une victoire par semaine  du PSG comme traitement de fond.
Vous trouverez notre ancien facho prêt à se déhancher avec un verre de thé à la main sur du Cheb Khaled ou zoukan frénétiquement sur "vas y Franckie c'est bon" au bras de sa belle entourée de ses frères basanés qu'il aimera sincèrement.

Le second est bien plus sournois.
Le sujet présente lui, un complexe de supériorité théorisé.
En effet ne cherchez pas dans son comportement ou dans son discours la moindre trace de franchouillardise.
C'est son affabilité et sa courtoisie, qui le placent selon lui au dessus de vous.
Il est capital pour lui d'assurer un certain standing à son racisme ; ce qui le rend je vous l'accorde assez dur à diagnostiquer.
Cependant une analyse fine des discours permet de mettre en évidence les symptômes.
C'est par exemple ce voisin qui vous dit bonjour et blague avec vous mais qui se gardera bien de vous adresser la parole si son patron viens dîner chez lui.


Prenez les phrases suivantes pour vous entraîner :

"Alors Hamed tu vas au bled cette année avec la Fatma ? hahahah"
Symptôme de beaufitude aiguë.
Diagnostique et remède assez simple, voir ordonnance plus haut, si la victoire hebdomadaire du PSG ne suffit pas, ajoutez une victoire des bleus par un but de Benzema et un penalty arrêté par Mandanda.

"Vas y nique sa race c'est un sale français"
Symptôme de dysplasie banlieusarde.
Traitement : extirper le sujet de son environnement et le transplanter dans les Vosges pendant une petite année sans accès au centre ville, à facebook ou aux soirées alcoolisées.
Convalescence : lui expliquer à l'occasion que le traitement reprendra en cas de réapparition des symptômes.

"Le petit Mamadou est toujours propre et qu'est ce qu'il est poli"
Symptôme de racismus Britanicus
Sans aucun doute le plus dangereux car le plus difficile à détecter.
Viendrait il à l'idée du sujet de dire de la petite blonde bouclée aux yeux bleus
"La petite Charlotte est toujours propre et polie"
Bien sur que non, mais dans son inconscient qu'un petit français d'origine africaine ait des parents capables de lui inculquer la politesse et la propreté relève du remarquable.
(Je rappel à toutes fins utiles qu'une hygiène correcte et un langage châtié sont des prérequis à tout enfant et même adulte dit normal...)
Autrement dit sa normalité est l’Everest que doivent gravir les inférieurs.

Traitement : par l'éducation et le savoir, lui infliger de régulières leçons de syntaxe et d'histoire.
Ne jamais le suivre même dans la plus infime critique de quelque groupe humain qu'il soit.

Ce traitement peut provoquer chez le sujet une mutation de son racisme vers celui de  type 1.
Dans ce cas vous connaissez le remède mais pensez à vous protéger des éventuels coups et crachats dus aux effets secondaires du traitement pouvant aller jusqu’à l'humiliation si besoin est.

dimanche 3 mai 2015

"Mon sang tot" ou tard sera vengé

Si l'esprit se nourrit d'idées, le ventre lui a besoin de réel.
Un réel qu'il faut payer en cash, et c'est Monsanto qui est derrière la caisse.
Cette firme diabolique n'a que trop bien compris l'enjeu du blé pour les vivants.
Danton affirmait qu'après le pain l'instruction est le premier besoin du peuple.
En effet, si toutes les attaques d'ordre psychologique visant à déliter la société par le biais des saillies verbales de nos politiques représentent un grand danger ; celui de la maitrise des semences qui est la garantie de survie de l'humanité, reste le coup de maitre du diable.
Cette position dominante pourtant interdite par les lois anti trust américaines, n'empêche pas la position hégémonique de Monsanto, sur un marché où le paysan n'a plus aucune alternative pour la continuation de son activité.
Mais non content de profiter outrageusement de cette situation, cette ignoble firme diffuse des pesticides et herbicides notoirement cancérigènes et qui ont pour but de rendre stériles les sols à toute semences qui ne provient pas de leur stock.
La boucle est bouclée, l'anneau maudit forgé dans les entrailles du Mordor capitaliste nous condamne à un monde de supplicateurs devant ramper devant les sociétés comme Monsanto pour une survie de misère.
Bien nous prendrait de réagir à cette funeste perspective.
Un geste simple comme la constitution d'une banque collective de semences porterait un coup fatal à ce projet.
Quand à la réponse aux pesticides et herbicides, la divine providence à choisi un paysan américain qui vient de découvrir un champignon naturel pouvant remplacer de manière naturelle et sans aucun risque les produits ROUND'UP.
Ne rêvons plus et agissons pour un monde meilleur où les biens les plus sacrés comme les semences qui sont un don du tout puissant puissent revenir légitimement à leur vrais propriétaires qui sont les agriculteurs du monde entier.

"C'est par une graine venue de l'Éden que nos enfants renaitront"

lundi 20 avril 2015

Cœurs perdus en Méditerranée

Ils étaient comme poussés inexorablement vers le monstre de fer, emplissant de la proue à la poupe chaque espace de cet estomac rouillé.
Le retentissement du sifflet semblait comme saluer l'arrivée des proies qui s'engouffraient en lui comme s'engouffre l'eau dans les galeries d'une grotte d'où ils ne sortiraient jamais.
Avec l'espoir pour tout bagage, ils avaient la mine défaite qu'impose une vie chargée de peines et d'attentes  et les yeux trop grands de ceux qui cherchent l'horizon comme on cherche sa route par une nuit sans lune.
Le ventre du monstre arrivé à satiété, un dernier coup de sifflet donna le signal du départ  qui arrachait  à leur terre sept cents âmes. Ils quittaient les rivages Libyens ensoleillés de misère pour le salut grisâtre du ciel d’Europe.
Là bas forts de leur volonté, ils se bâtiront un avenir que leur envieraient ceux restés sur plage, observant le sillon blanc que laisse derrière lui le navire tel une voie lactée et qui promet à ceux qui l'empruntent le chemin menant vers les étoiles.
Ils avaient économisé sur leur pain et celui de leurs enfants pendant des mois, pour réunir la somme qui leurs ferait gagner la terre promise où leurs ventres vides trouveraient le miel et le lait qui apaiseraient leur faim.
Alors que le navire toussait sa fumée dans une nuit trop chaude pour ceux se trouvant à fond de cale et trop fraîche pour ceux grelottant sur le pont, le baromètre afficha ce que le marin redoute le plus.
Rien de méchant, juste un peu de vent, le passeur leur avait assuré l'avenir, tout était garanti, la traversée, la prise en charge par les autorités tout avait été prévu.
Quand le premier éclair, déchira le ciel il fut suivi d'un tonnerre qui hurla à leur oreilles comme pour les tirer du rêve vers une réalité qui serait  leur dernier cauchemar.
Là sur le pont Nicolas, serra un peu plus fort entre ses mains la barre d'un navire qu'il savait perdu.
La seule chaloupe du bateau fut mise à l'eau d'où la voix stridente de Bernard Henry lui intimait l'ordre de sauter.
Sautez, mais sautez bon sang !
Jamais, jamais il ne quitterait le navire il était de ces hommes qui sombrait avec leur équipage.
Comment pouvait il laisser à leur sort sept cents êtres humains, qui avaient mis leur confiance et leurs rêves entre ses mains.
Pourtant, alors qu'il luttait contre le déchaînement des éléments , il ferma les yeux et son esprit devint noir et tourbillonnant. Quand il les ouvrit à nouveau il put regarder pétrifié son vaisseau s'enfoncer par la poupe dans les eaux obscures de la mer.
C'était impossible il était toujours à bord, jamais il n'avait sauté.
Il ferma à nouveau les yeux quand pour la seconde fois il les ouvrit, il comprit avec horreur que l’impensable avait eu lieu. la peur lui avait joué le pire tour qui puisse être.
Il avait sauté !
Le rire moqueur du vent transporta jusqu'à la chaloupe les cris accusateurs des derniers suppliciés.
Il était le spectateur impuissant du naufrage d'un navire qui emportait avec lui son âme lestée du plomb de la culpabilité.
Il savait que désormais, il serait quoique le temps fasse, obligé un jour d'affronter une vieille et hideuse sorcière des mers.
Venue pour régler un très vieux compte et qui porterait le nom inscrit sur la coque rouillée d'un navire : BENGAZI.