vendredi 18 décembre 2015

De profundis

là où l'amour, la bienveillance et l'identité ont échoué, c'est à la médiocrité qu'on peut confier le périlleux chantier de l'unité.
Venez comme vous êtes à dit l'ami Ronald McDonald.
Faite juste le ménage dans vos méninges et le tour sera joué.
A quoi bon croire  quand il est si simple de se laisser aller ? car après tout vautré dans le pus de la banalité crasse, c'est juste l'esprit qui finit noyé.
A quoi sert cet encombrant compagnon qui incite à l’effort au détriment du réconfort.
Chez nous il fait chaud et c'est bon, Jaune, Noir, Blanc ont est tous cons.
Cède mon tendre ami à la capitulation et rejoint le monde  United color of Benetton.
Un univers où ton sur ton nous ferons de toi un gentil petit mouton bêlant le ouiiiiii le nonnnn au rythme des collections, oups! pardon nous voulions dire des saisons.
Ce sera toujours toi, certes débarrassé du nous mais toujours toi résumé à la somme des lieux communs qui font la pensée aujourd’hui.
Rêve avec nous mon ami du monde 2.0.
De ce futur proche où l'université sera remplacée par la café du commerce, où Mozart et Beethoven seront relégués au rang de reliques, Balzac et Céline finiront oubliés et où soldats et criminels par leurs uniformes uniquement seront différenciés.

La où aucune autre lumière ne pourra briller

Le chant de la nation avait retenti par delà les nuées.
Tous observaient maintenant l'horizon. La mine grave, ils savaient tous qu'une aube nouvelle arrivait.
Rien ne serait plus comme avant.
Apporterait elle joie et félicité ? Nul n'en jurerait pour l'instant.
Swan Jim, le visage fermé, écouta en silence le nom des victimes s'égrainer lentement,  un à un comme pour laisser à chacun le temps de s'envoler vers le ciel gris de ce matin de novembre.
Son âme, avançait maintenant sur la mince poutre de la raison en équilibre entre les précipices de la colère et du désespoir.
La minute de silence touchait à sa fin et il aurait voulu à cet instant, délivrer sa poitrine nouée d’angoisse par un hurlement de rage. Il balaya la foule du regard comme pour disperser les sombres pensées qui encombraient son esprit et s’arrêta sur un couple, c'étaient les parents d'une des victimes.
Leurs visages graves exprimaient une douleur infini, une peine infini et sans y réfléchir il se dirigeât vers eux sans même savoir ce qu'il leur dirait.
Il approcha d'eux mais fut incapable de prononcer le moindre mot.
Il resta figeait devant eux sans pouvoir agir jusqu'au moment ou la femme le prit par le bras.
Elle planta son regard dans ses yeux hagard et lui dit merci.
Elle n'exprimait aucune haine, aucune colère juste une immense tristesse.
Il ne put rien répondre et souri comme il le pu à cette bienveillance dont il aurai tant voulu être l'artisan.
Il s'éloigna l'esprit confus en fixant au loin ces gens d'une force et d'une dignité telle qu'elles avaient fait naître en lui une petite lueur au milieu des ténèbres.
Il s'était rendu à cet hommage avides d'un absolu obscure mais en repartait sur d'une choses.
Sans la foi, en l'autre, en ce qui unit un même genre, nul besoin de la perte d'un enfant ; un regard
suffira à  éteindre l’humanité.

dimanche 25 octobre 2015

Société juste ou juste la société ?

La société, c'est cet ensemble qui est censé garantir à chacun le respect de ses droits en échange du respect des devoirs.
Alors que penser d'une société où la violence la plus extrême peut s'abattre sur une partie de ceux qui la compose de manière "légale" quand à l'inverse une chemise déchirée provoque une vague d'indignation politico médiatique ?
Car en effet, si le streap tease involontaire du DRH d'air France le laissant top less devant les caméras n'est pas des plus délicats, il parait évident à chacun que son sort est sans commune mesure avec celui de ce père de famille qui rentre le soir chez lui et qui doit expliquer que malgré les excédants fabuleux de son entreprise, "ON" a décidé de le licencier.
N'est ce pas dans la considération des situations que la violence prend tout son sens. C'est le début pour ces milliers de personnes de la lente descente vers la précarité, vers les rendez vous honteux à la banque,vers parfois des drames familiaux où celui qui a joué le jeu se voit subitement consideré comme une charge.
Alors oui, j'ose dire que déchirer la chemise de celui qui vient vous expliquer que vous n'êtes plus utile, plus rentable et qu'à cet égard vous êtes remercié n'est pas un crime, c'est tout au plus le cri de désespoir de condamnés qui savent que débute pour eux une traversée d'un désert parfois fatale.
C'est le dernier soubresaut de dignité qui dit nous ne nous laisserons pas anéantir sans résister.
Si je compatis humainement au choc psychologique qu'a pu vivre ce DRH et que dans une société juste ce geste n'aurait pas du avoir lieu, alors que mérite le conseil d'administration d'une société qui pour faire saliver ses actionnaires, n’hésite pas à licencier des milliers de loyaux salariés ?
Bénéficieront ils de la même bienveillance médiatique ?
Ou est ce à dire que la société nous enseigne que les violences permises en son sein, sont celles qu'elle juge rentables?

jeudi 22 octobre 2015

Entre Ciel et Terre

Il avait pour lui les certitudes inébranlables que confère la sécurité d'une existence à l'abri des épreuves et réagissait aux destins tragiques de ses semblables avec la mesure des gens bien nés.
La vie avait fait de lui un de ces hommes sûrs de leurs opinions ; qui estimait au jugé et qui donnait aux autres son avis qu'il voulait le bon sur chaque chose.
Au hasard des occasions, il théorisait le si, expliquait le ça et dans sa bouche, les souffrances et les faiblesses s'articulaient en une équation d'éléments déterminés à ne donner rien d'autres que ce à quoi ils avaient concouru.
Mais restait la question du pourquoi.
Cette particule primaire qui échappe à tout raisonnement.
Cette brique élémentaire de la vie qui n'a ni masse, ni taille et qui pousse à faire le choix de l'autre au détriment de soi.
Le créateur swt l'a fait naître, la vie l'a fait grandir.
Elle nourrit le ballet cosmique qu’exécute la matière et crée le pont entre le visible et le caché.
Malheur à celui qui en est pauvre car en effet alors toute vie s'explique, se calcule se jauge.
Mais toute chose étant inscrite dans le temps alors vient l'heure de la vacuité.
Amour et espoir ne sont plus alors que des orphelins sans racines, infortunés spectateurs d'un néant inéluctable.
Mais voici qu'à la faveur d'une épreuve, la question revient.
Pourquoi ?
Pourquoi moi, pourquoi à moi ?
Les mathématiques ne suffissent elles donc plus à bien vivre ?
Est ce à croire qu'une autre science réclame sa livre de néant ?
Une vie affranchie du fardeau de la compassion ne rendrait-elle pas indestructible ?
Ne reste au finir du funeste raisonnement que l'inévitable abandon.
Cette remise de son âme aux mains de qui la consolera.
Mais il est un préalable au céleste voyage.
Déployer les ailes faites de la particule élémentaire qui est la foi.

vendredi 4 septembre 2015

On dira de nous...

Le matin de son exécution le roi Charles 1er mit deux chemises "...si le froid me fait trembler dit il mes ennemies diront que c'était de peur. Il me déplairait de m'exposer à une telle honte."

Les grandes occasions réclament de nobles postures.
Alors que dira-t-on de nous Français demain ?
Serons nous ceux qui l'hiver de la tragédie Syrienne passait, rougirons devant le courage de nos voisins Européens ?
Serons nous ceux qui ont préféré à la survie d'innocents, les menaces d’austérités  brandies par les sonneurs de tocsin droitiers du pays ?
Serons nous les grands absents de la reconstruction de ces familles touchées dans leur chaire ?
Ou serons nous ceux qui ont dit plus jamais ça ?
Serons nous ceux qui ont bravé leurs instincts primaires pour offrir à d'autres Aylan la chance d'aller plus loin que les plages Turque ?
Serons nous de ceux qui diront plus tard à leurs enfants " ça n'était pas facile, mais nous avons fait ce que la morale commandait."
Oui la France ne peux pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa juste part.
Notre place au conseil de sécurité ne nous impose-t-elle pas de faire mieux que l'Allemagne ?
La cinquième puissance économique du monde sera-t-elle plus généreuse que le Liban ?
Dans un monde ou l'honneur fait défaut le panache reste une réponse enviable à l'indifférence.
Alors nous répondrons.

Mais j'aime à croire que nous répondrons présent et que nous combattrons cette tragédie non par intérêts de position n'y par honte, mais parce que nous sommes attachés à la liberté à l'égalité et aujourd'hui à la fraternité.



jeudi 27 août 2015

Soumeya

Elle s’asseya sur la pelouse du parc et s'adossa à un arbre.
Là dans ses bras, Hayat sa petite fille, dormait d'un sommeil si lourd que les cris des enfants alentours génèrent à peine.
Les branches du saule, formaient au dessus d'elle une voûte protectrice qui filtraient des rayons du soleil juste ce qu'il fallait pour réchauffer ses soixante seize ans.
Tout en berçant Hayat, elle observait les hommes qui plus loin discutaient avec les autorités à grand renfort de gestes, tantôt menaçants, tantôt suppliants.
Un des jeunes du village avait prit avec lui sa guitare et là non loin d'elle il se mit à jouer.
La douce mélodie l’entraîna loin des joutes oratoires des hommes et elle regarda le paysage de ce bel après midi d’Août.
Elle fixa l'horizon là où le ciel et la terre se rencontrent comme deux chastes amants cherchant le refuge des amours interdits.
elle ferma les yeux et s'assoupie.
La musique du jeune homme l’entraîna vers des lieux familiers et elle reconnue les rues de Homs.
De la boutique de son cousin Hamza le cordonnier elle pouvait entendre le marteau qui battait le cuir et sentir l'odeur de la colle qui embaumait.
Elle s'approcha doucement et vit Ali qui se précipita hors du magasin et la serra dans ses bras.
Oumi Oumi comme tu m'a manqué.
Mon fils, c'est bien toi ?
Oui oumi c'est bien moi tu me rejoins enfin.
Mais ou suis je ?
Tu es chez nous maman, c'est fini tout est fini.
Ils sont tous là maman, Leila, Samir et papa ils vont être fou de joie quand il te verront.
Assied toi maman je vais les chercher.
Non.
Non mon fils vient, vient près de moi.
Elle ferma les yeux avec force et se mise a pleurer, mon amour que n'étais je là pour te protéger le jour ou ils sont venu.
Elle le prit et se mise à le serrer dans ses bras aussi fort qu'elle le pût.
Toi mon tout petit mon dernier, pardonne moi, pardonne moi je n'étais pas là quand ils sont venus.
Tu n'aurais rien pu faire maman, ils n'épargnaient personnes n'y les femmes n'y les vieillards n'y les enfants. Papa a bien tenté de protéger Leila mais il n'a rien pût faire.
Mais ça n'est rien car ici c'est comme avant, plus de pleures plus de peurs et on y est pour toujours.
Elle l'aurait voulu plus que tout, mais elle le serra une dernière fois et lui dit à bientôt mon fils.
Elle ouvrit brusquement les yeux, juste à temps pour voir Hayat se réveiller.
De Samir son aîné la petite avait héritée les yeux.
Elle prit dans le petit sac estampillé HCR une sucette à la fraise que la fillette attrapa en souriant.
La route sera encore longue depuis la Hongrie vers l'Allemagne.
A Cologne, elle y retrouverait un neveu qui avait réussit aux dernières nouvelles à s'y installer.
Son martyr pourrait y prendre fin.
Mais avant, elle devait s'assurer que Hayat aurait un avenir et, qu'elle serait celle qui raconterait un jour à ses enfants que sa grand mère Soumeya avait existé.

mercredi 8 juillet 2015

Extase et Agonie

Et voici qu'a commencé la dernière décade.
Il était arrivé discret, s'installant comme l'aurait fait un voyageur mystérieux tapant à la porte par une nuit de nouvelle lune. Qui l'acceptait sous son toit, devait savoir qui il était, et ce qu'il avait à offrir. Nulle gloire ou richesse. Mais l'extase.
Il fallait pour y parvenir affronter l'agonie, car ce n'est que dans la mort du moi que pouvait naître le nous sublime. Ainsi l'équilibre de toute chose était respecté.
Agonie des sens, c'est en tarissant la source des désirs qu'il faisait jaillir celle du bien infini.
Épreuve à la mesure de l'enjeu ; et à certain juste la faim et la soif pour prix de leur impatience.
Mais à d'autres, le mirage du paraître faisait place à une lumière venue du dedans comme une promesse de vie futur débarrassée du fardeau de l'envie.
Le privé volontaire assistait alors au ballet des suppliants apportant au temple de l’ego  les offrandes apaisants le courroux  du désespoir.
Le temps d'une chiquenaude, il n'était plus être mais esprit, se nourrissant de l'amour de l’invisible, de l'impalpable.
Il arrivait devant la lisière d'une forêt enchanteresse pour contempler le royaume de la grâce qui l'accueillerait au finir de son parcours.
L’inquiétude du manque des premiers jours, passée invariablement à celle d'être à nouveau devant l'abondance.
Nous laisserait il prisonnier des fruits de la terre ?
Il promettait qu'avec la permission du tout vivant il reviendrait à nous l'an prochain au signal de l'astre nocturne pour nous faire don à nouveau du gout de l'extase.

dimanche 5 juillet 2015

Civilisation contre Barbarie

Le soleil était déjà haut lorsque le bruit du klaxon le réveilla. Il tira sur sa couverture pour libérer son visage et regarder cette masse grouillante qui accélérait le pas dans toutes les directions. Les uns s'extirpaient de la bouche de métro suffoquant et haletant en quête d'air frais quand d'autres y pénétraient la mine résignée, contraint d'affronter la chaleur de ce royaume souterrain ou les désagréments habituels étaient exacerbés par la canicule écrasante de ces derniers jours. La ratp avait été pourtant prévoyante, elle offrait à ses usagés des rafraîchissement pour soulager la chaleur intolérable mais rien ne semblait pouvoir apaiser la souffrance des voyageurs.
Il se redressa avec difficulté pour s’asseoir et chercha à taton derrière lui la bouteille d'eau qu'un passager compatissant lui avait offert. Il fit couler au creux de sa main l'eau tiède et la passa lentement sur son visage.
Aurait il comme hier, à la faveur d'un remord fugace, la chance de voir un passant lui déposer au creux de sa casquette ce ticket restaurant salutaire ?
Il se lèverait alors et irait jusqu'au coin de la rue Lepic et du boulevard de l’hôpital pour acheter un kebab. Il épargnerait la moitié pour le soir, mais surtout il rêvait encore de cette bière fraîche de la veille ; blondeur au parfum amère qui soulage l'instant sans promesses à venir.
Déjà deux heures mais toujours rien.
La croix lumineuse de la pharmacie affichait maintenant "Jeudi 3 Juillet 14:38 39,7°".
Était ce la faim, la soif ou la chaleur mais le monde exécutait devant lui une danse enivrante qu'il tenta de commenter par des paroles, censés pour lui mais incohérentes au sortir de sa bouche.
Barbare!
Barbare!
Mais les cortèges sans fin d'incroyants lui jetèrent des regards interloqués pour les plus compatissant.
Il s'allongea à nouveau sur son carton et répéta en pleurant: barbare !
Il déborda sans s'en rendre compte sur le trottoir et les passants l'enjambèrent à la manière d'un obstacle qui barrait la route à leur destinée active.
Il regarda le ciel et continua à répéter : barbare!

lundi 15 juin 2015

l'océan sans mémoire


C'est aux portes du Nefoud, que les bédouins appellent aussi l’enclume qu'il fût abandonné.

Là, devant cette étendue martelée par le soleil, là dans cet océan de sable sans horizon, là où le néant côtoie l'infini, allait débuter la véritable épreuve de son existence.
Lui le marchand d'esclaves, lui le criminel honni de tous, lui qui avait juré vengeance à ses juges, se trouvait face à son destin.
Dépouillé des apparats de la vie terrestre, il était livré aux bras impitoyables du soleil qui dans leurs étreintes passionnées brûlent les chaires des amants malheureux et brisent les rêves d'issues.
Il se retourna une dernière fois pour observer les remparts de sa ville, gravant à jamais dans son esprit l'image de son passé  et débuta alors sa marche vers l'inconnu ou chaque pas, chaque regard porté à l'horizon le rapprochait d'un lieu qui n'existe que dans le cœur de celui qui espère l'impossible.
La haine au cœur et la mâchoire serrée, il se jura de revenir pour faire payer au monde son infortune.
Mais après trois jours de marche, ses propres yeux le trahissaient.
Il apercevait au loin, des caravanes de marchands qui s'évanouissaient à son appel dans les vapeurs brûlantes du désert.
Le rire moqueur du vent venait piétiner ses espoirs de salut et lui rappeler que ses seuls compagnons seraient la morsure de la faim et le baiser brûlant de la soif.
La nuit, le rire du vent se transformait en complainte et hurlait à ses oreilles des récits de regrets, d'actes manqués et de questions sans réponses.
Il se mit à sourire et brusquement un rire de dément s'empara de lui, déformant son visage. Il hurla alors un torrent d'insultes au ciel comme pour défier le destin ; mais seul le sifflement du vent vint lui répondre.
Le rire se transforma en sanglots et les larmes jaillirent. Ses yeux humides observaient maintenant le ciel suppliant qu'on lui donne la chance du retour.
Ses vaines supplications l’entraînèrent vers le sommeil et dans le songe il trouva cet oasis improbable qui offre à l'égaré l'ombre salutaire du dattier et l'eau rafraîchissante du puits.
Mais à l'aube, le rêve pris fin quand le soleil  frappa ses paupières pour lui rappeler la cruelle réalité.
Il se leva et avança droit devant lui hagard.
La colère, le désespoir, la rancœur l'avaient quitté.
Il avançait maintenant comme dépouillé de tout, s'en remettant à qui voudrait comme un amnésique cherchant le chemin de sa maison.
Et, c'est arrivé aux limites des forces humaines, qu'il s’effondra sur le sable.
L’alcool du désert, avait nettoyé son âme.
Il sentit une ombre sur lui et une main vint se poser sur son front.
Était ce la mort ?
Il s'éveilla sous la tente d'un caravanier.
L'homme qui lui faisait face, avait le visage buriné et fort de ces marins qui traversent les étendues de sable d'une rive à l'autre du désert.
Quel est ton nom l'ami ?
Mon nom ?
Oui tu as bien un nom ?
Je l'ignore, je sais juste que je marchais dans le désert.
Et bien, que peux bien faire un homme sans nom dans le Néfoud ?
Je l'ignore.
Tu es un homme à la destinée bien curieuse mon ami, choisi ton nom car je jure par celui qui tiens ma destiné entre ses mains, qu'un homme qui à traversé le Néfoud a le droit de choisir son nom et une destinée tout aussi nouvelle.




samedi 6 juin 2015

Il était une fois....

Il était une fois un roi riche et sage qui aimait au hasard du temps se fondre à l'ambiance bruyante de la foule des rues pour connaitre les joies et les peines de ses sujets.
Un soir, alors qu'il eut fini son repas il prit son manteau et sortit du palais pour une promenade à la lumière orangée du crépuscule.
Plongé dans ses pensées il n'avait de cesse, de peser le poids de ses choix afin d'assurer la plus complète probité à ses décisions.
Cependant, alors que chemin faisant il s'était éloigné des remparts de la ville, il vit une femme entourée de trois enfants qui semblait préparer un repas.
Cette image l'attendrit et il se laissa aller à sourire devant cette vision du bonheur simple, quand soudain un détail vint attirer son attention.
Les marmites étaient vides.
Il regarda avec plus d'attention, mais en effet cette femme feignait la préparation d'un repas sous le regard de ses enfants sans rien à faire cuire.
Il se décida à lui demander pourquoi elle faisait pareille comédie et la réponse de la femme vint le frapper avec plus de violence que ne l'aurait fait un taureau le chargeant.
Vois tu l'ami je suis une pauvre femme et n'ai plus de mari.
Et pendant que notre souverain festoie dans son palais, je suis obligée de faire patienter mes enfants comme je le puis.
N'ayant rien à leurs offrir, je m'affaire dans l'espoir qu'ils s'endorment avant la fin de ma supercherie.
Pris de pitié, il lui offrit les quelques fruits qu'il avait achetés chez les commerçants de sa ville en se félicitant de cette aumône de circonstance.
Les enfants le ventre plein et le sourire retrouvé, remercièrent cet inconnu providentiel et allèrent se coucher.
Il salua la femme et allait se remettre en route quand elle lui répondit : "merci gentil voyageur, notre roi t'es redevable, car grâce à ton aumône je serais moins sévère qu'à l'accoutumée ce soir en le maudissant".
Il tourna brusquement les talons et lui demanda mais pourquoi maudire le roi femme ?
Parce qu'il est responsable de ma faim et de celle de mes enfants pardi !
Comment ? le roi te connait il ?
Non et  le malheur est bien là! il a la couronne, la fortune mais il lui manque ce qui fait un vrai roi : la responsabilité.
Vois tu gentil voyageur lorsque petite fille ma mère me contait des histoires, j'aimais celle d'un envoyé du très haut sws qui avait imposé à tous les fidèles de ne manger qu'à la condition expresse de s'assurer du souper de son voisin.
Mais de tels hommes sont partis et nous devons faire aujourd'hui avec des irresponsables qui pensent qu'un titre et une aumône font d'eux des rois.
Il resta debout pétrifié comme frappé par la foudre. Lui qui jusqu'ici se croyait homme de bien, réalisa soudain l'étendue de sa médiocrité.
Il s'excusa maladroitement et courut au palais où les pensées les plus sombres, cognaient à l'entrée de sa conscience.
Que pouvait il faire pour racheter une faute qui, il y a encore quelques heures lui était étrangère, mais qui pesait maintenant le poids d'une montagne sur sa poitrine.
Il  convoqua ses gardes et leur ordonna de préparer un chariot avec toutes les vivres qu'ils pourraient y placer.
Seul il saisit les bras du chariot et commença péniblement à le pousser quand un des gardes lui proposa son aide : Merci mon brave mais au jour du jugement dernier m'aideras tu à porter mes péchés ?
Le garde resta silencieux le regard interloqué et le roi continua à tirer sa charge.
Il traversa la ville sous le regard incrédule des passants qui lui proposèrent de l'aide mais qu'il refusa à chaque fois avec politesse.
Alors qu'il retrouva l'objet de sa rédemption, il lui dit : " femme, le roi a eu vent de ta situation il me fait te porter ces vivres, et te conjure de l'épargner dans tes supplications nocturnes.
Elle répondit : Remercie le roi et dit lui que jamais je ne l'ai maudit, au contraire je priais pour qu'il devienne digne du titre qu'il porte. C'est ce soir chose faite mais reste encore bien des indigents qui espèrent son aide.
Il répondit : "soit sûre femme que le roi n'aura de cesse désormais, de prendre soin des plus faibles et de partager avec eux sa fortune"
Elle répondit : "Et bien dit lui que les cieux se languissent de son arrivée"
Ayant déjà repris sa route il la salua et elle répondit de loin : "merci sire, je vous laisserait en cette place de quoi vous guider pour que jamais plus vous ne puissiez oublier le sens de la responsabilité .
Il la remercia et réalisa dans la seconde qui suivait qu'elle l'avait appelé sire.
L'avait elle reconnu ?
Il se retourna et se précipita vers elle mais la femme et les enfants avaient disparu.
Ils chercha dans le clair obscur mais il n'y avait plus aucune trace de leur présence.
Avait il rêvé ? non c'était impossible. Il se dirigea vers le lieu de leur couche et distingua au sol une forme qu'il prit dans ses bras.
C'était un livre, il s'assit sur sol l'ouvrit et commença à le lire : "Au nom du tout clément, du tout miséricordieux...".


vendredi 5 juin 2015

Républicains UMP

On dit que les présages accompagnent les naissances. D'une comète dans le ciel on devine la naissance d'un libérateur et d'une étoile brillante au firmament celle du rédempteur.
Et toi républicain Ex UMP sous quelle étoile es tu né ?
Certes pas celle de la concorde entre les hommes.
A tout prendre, on aurait envisagé une prière pour l’Europe, un exorcisme contre le démon chômage, un ex-voto pour l'improbable retour du roi mais au grand jamais la messe funèbre de l'esprit laïque et républicain.
Le prima concile des ex UMP présidé par le chanoine du Latran, avait pour sujets les religions et l'islam de France.
On ignore encore pour l'heure les tenants et aboutissants de la bulle qui devrait en sortir.
Quoiqu'il en soit, cela n'annonce rien de bon à qui voulait encore croire à une prise de conscience salutaire par les anciens gouvernants des vrais problèmes qui traversent la société française.
La est donné pour la prochaine campagne des régionales. Coincés entre démagogie et populisme les croyants et plus spécifiquement les musulmans du pays ont du souci à se faire.
Ils risquent d'être bien malgré eux les malheureux sujets d'empoigne des soirées de débat où à qui mieux mieux, Ariane et Aragorne se disputeront dans le dédale du labyrinthe médiatique le chemin menant à l'anneau de l' anticléricalisme primaire.
Au refrain de pirouette cacahuète, la comptine néolibérale des chantres de l'économie de marché risque bien de laisser orphelins ceux qui espéraient encore un égard pour les souffrances dont ils sont victimes au quotidien.
Mais allons soyons optimistes, gageons que les "conti et les lejaby" seront ravis d'apprendre que les prochains gouvernants potentiels restent fermes sur l’homogénéité des menus à la cantine.

samedi 30 mai 2015

La matrice enchantée

C'était une de ces après-midi pluvieuse de mai où la clarté du printemps semblait disputer à la pénombre automnale un droit de cité crépusculaire sur la ville .
Les soubresauts de la route mêlés aux heures de fatigue l'avaient plongée  dans une douce léthargie.
Le sifflement du frein la tira de sa torpeur doucereuse, et elle put voir par la fenêtre embuée qu'elle était arrivée à destination.
Elle descendit les trois marches du bus et leva le regard sur la tour de douze étages où elle vivait avec ses enfants depuis 2001.
La plaque de plexiglas taguée indiquait "Cité des rossignols".
Elle se dirigea  vers son bâtiment où une dizaine d'adolescents canette de bière à la main semblaient défendre l'entrée de la tour comme des sentinelles défendant un fort.
L'un d'eux sans même lever le regard sur elle, ouvrit la porte métallique à la vitre brisée pour la laisser entrer à la manière d'un cerbère sélectionnant les ayants droits au passage .
Elle pénétra dans le hall, et vérifia sa boite aux lettres qui ne contenait rien à l’exception des tracts sur papier glacé proposant pour l'achat d'une pizza la deuxième à moitié prix.
Elle se dirigea vers l'escalier et commença son ascension des cinq étages qui la séparaient de son appartement, il y a bien longtemps qu'elle n'espérait plus l’ascenseur.
Elle louvoyait sur les marches pour éviter les flaques d'urine dont l'odeur rance ne la gênait même plus.
Elle avait été dans les premiers mois obligée d'appliquer sur son visage un mouchoir imbibé de lavande, mais le temps a la vertu de rendre les nez les plus délicats insensibles aux fragrances les plus abjectes.
Le tour de clés dans la serrure donna l'alerte à la maisonnée et comme à son habitude sa benjamine de neuf ans vint à sa rencontre.
L'intérieur tranchait singulièrement avec le palier.
L'entrée donnait sur un couloir impeccable qui ventilait vers les chambres et qui aboutissait au salon, principale pièce où trônait la lourde table de chêne donnée par sa mère, bien le plus précieux qui les avait suivi durant leurs différents déménagements.
Elle y posa ses clefs et prit sa fille dans ses bras.
- Où sont tes sœurs ma chérie ?
tout en mordillant un capuchon de stylo elle répondit : dans la chambre !
Elle ouvrit la porte et vit ses deux plus grandes, l'une affairée sur son portable et l'autre en plein tchat sur un réseau social.
- Ça va les filles ?
Sans lever le nez de leurs écrans elles répondirent sans conviction un "ouai" qui trahissait leur empressement à voir se refermer la porte.
Elle exécuta l'ordre qu'elle avait deviné et courut à la cuisine pour préparer un dîner avec ce que la grâce du réfrigérateur lui offrirait.
Le repas fini elle débarrassa la table et mit au lit la petite  ; elle n'espérait plus l'aide des deux grandes qui le ventre plein s'étaient à nouveau réfugiées dans leur chambre maudissant pour l'une son refus pour un nouveau portable et pour l'autre de ne pouvoir proposer à son petit ami une nuit chez elle.
Devant le miroir de sa salle de bain, elle commença à démaquiller ses yeux qui naguère avaient été si jolis mais que des nuits de sanglots avaient cernés aussi sûrement que l'eau salée érode les coques des navires abandonnés.
Pourrait elle à nouveau plaire ?
En avait elle juste envie ?
Les espoirs de secondes chances, sont les prières de ceux qui croient encore à la rédemption.
Elle, avait opposée aux décrets du destin un fatalisme résigné nourri par la lâcheté des hommes dont le courage pouvait se mesurer à l'aune du silence coupable à ses appels, dont ils faisaient preuve, une fois l'objet de leurs désirs obtenu.
Restait pour elle le royaume de la nuit où à la faveur du songe elle devenait à nouveau cette belle jeune fille amoureuse d'amour.
Là dans les limbes Mab lui contait ces histoires de palais où la pantoufle exauce les souhaits.
Demain ne serait pour elle qu'un jour de plus dans le purgatoire de l'existence où les beaux contes s'évaporent comme la rosée chauffée aux rayons du soleil printanier.


NOCRA

Il est dans un océan de peine traversé par des courants d'épreuves, une île merveilleuse du nom de NOCRA.
Elle ne figure sur aucune carte ;  elle est pourtant bien réelle mais n’apparaît qu'a celui qui est élu. L'humble peut la trouver mais elle se cache à la quête du présomptueux.
Elle est couverte d'une forêt d'arbres majestueux aux feuillets fait de lumière.
Y sont écrits des mots de vérité et de toute éternité.
Le sage y trouve patience et l'érudit le fruit de la connaissance. Pour celui qui y arrive l’âme endolorie, y est inscrit :  " ceci est un remède et une miséricorde ", et à celui dont le passé est lourd que ;  "Miséricorde s'étend sur toute chose".
Nul ne peut l'explorer en une vie car elle est à la dimension des espérances de celui qui la parcoure.
Bien des visiteurs y ont posé le regard, avide d'en faire le tour, mais "le regard leur est revenu frustré d'impuissance".
Le vent dans les feuillets, psalmodie à l'oreille du repentant les devises éclairées venues du tout vivant qui rappelle que la vie est sacrée et qu'a "toute chose mesure doit être donnée".
Alors quand la brise se lèvera:  "faite silence et écoutez afin que miséricorde vous soit accordée".
A l'indigent rassasié qu'elle aura recueilli, elle dit:  part, riche d'une partie de moi et reviens quand à nouveau la faim t’assaillira.
Invoque moi par la parole consacrée et par la permission du créateur de toute chose, j'apparaîtrai.

samedi 16 mai 2015

Ou est l'espoir ?

On retient son souffle et on plonge dans la piscine.
On touche le fond et hop on remonte.
Mais comment fait on quand la piscine est sans fond ?

Paradis, réincarnation, récompense étaient jusqu’à il y a peu les attentes de celui qui vit et qui par définition souffre.
L'arrêt de vie marquait non pas la fin, mais le passage à autre chose qui capitalise en son sein les espoirs.
Si l’anticléricalisme de la fin du dix huitième siècle a affronté avec force le pouvoir séculier, il n'a jamais eu vocation à tuer  la spiritualité.
Voltaire ne disait-il pas " je ne conçois pas qu'il y ait d'horloge sans horloger !"
Le bas moyen age lui même a vu des Jacqueries sanglantes cibler les membres du clergé sans jamais renier la foi chrétienne.
Mais Mai soixante huit, semble marquer la fin d'une époque. Pour la première fois, c'est bien l'objet de la croyance et plus son expression qui catalyse contre lui les attaques de manière à faire "peuple".
L'exemple de la jupe longue en est un des symptômes les plus révélateurs.
Cet habit est acheté dans un magasin a confessionnel, il est porté par tout type de personne ; de NKM à ma voisine mais il devient illicite à la minute même où il est porté dans un but autre qu'esthétique.
En lieu et place de la transcendance, il est proposé le triptyque suivant : liberté d'expression (conditionnée), liberté sexuelle, liberté financière.
Mais malheureusement, nous ne pouvons être soixante cinq millions à passer nos vacances sur un yacht de milliardaire au bras d'un mannequin en traitement palliatif à déliquescence spirituelle.
Là où la qualité fait défaut, c'est la quantité qui est requise.
Trop, trop de footballeurs millionnaires, trop de vulgaire, trop de pacotille font place, la sustentation éphémère passée à la crise de "foi".
Il y a comme un arrière goût d'inabouti dans ce festin capitaliste que la construction européenne dressait en absolu, mais qui aujourd'hui en panne avait pour objectif de combler.
Est ce un hasard si comme E.Todd le fait remarquer dans son dernière ouvrage "qui est Charlie" se sont les anciennes régions à forte emprise catholique, qui se sont rendues en masse lors des manifestations du 11 janvier.
Il y a une indubitable recherche d'idéal à laquelle les politiques Maastrichiennes néolibérales sont incapables de répondre.
Poussé à l’extrême, ce vide engendre des désespérés illuminés en quête d'un absolu devenu meurtrier.
N'est il pas temps de redonner au sens du mot religion sa signification première qui est la réunion ?
Une unicité humaine autour de valeurs dépassant de loin les propositions artificielles donnant à l'être l'espoir d'un infini tout en vivant dans un monde de produits finis.

jeudi 14 mai 2015

La salle d'attente

Il pénétra dans l'immeuble l'angoisse au corps et la démarche mal assurée.
La lourdeur de ses cinquante huit ans pesait sur ses épaules comme pèsent sur les étagères des bibliothèques les beaux livres reliés de cuir qui ne sortent jamais et pourtant combien loquace ils auraient été si on les avait ouverts.
La voix teintée d'une gêne toute provinciale et le ton trop bas, Il se présenta à l'accueil et récita à l'hôtesse son nom et l'objet de sa présence à la manière d'un enfant de paysans se présentant à l'entrée d'une grande école de la ville.
Le sourire grenat de la jeune fille mêlé à un discret parfum de lavande le replongea dans un monde qu'il avait jadis connu mais il y a si longtemps.
Il prit place sur l'un des fauteuils de cuir et passa sa tenue en revue.
Il portait un costume de flanelle grise, seul rescapé d'un passé confortable et relique d'une carrière brillante qui avait depuis une dizaine d'années emprunté le sentier obscure de ceux qui devenu trop vieux devaient céder leur place aux fringants trentenaires armés de sourires carnassiers et de smartphones.
Il avait prétexté un rendez vous galant pour emprunter à l'un de ses amis une chemisette de marque et quelques gouttes d'un parfum trop cher pour lui à l'image d'une cendrillon usurpant sa condition pour s'assurer l'entrée d'un bal où la pacotille et le clinquant sont les gages de ceux qui sont bien nés.
Il n'avait malheureusement pas trouvé le moyen de lui emprunter sa serviette de cuir et dut se contenter d'une pochette de plastique où il avait soigneusement rangé son CV et sa lettre de motivation comme l'aurait fait un hobereaux de ses titres de noblesse pour attester de son droit à jouter avec les chevaliers de la cour.
La porte du DRH s'ouvrit comme celle du purgatoire de Dante ; apparut alors un quadragénaire aux dents trop blanches et au teint hâlé qui l’invita à entrer.
Il se leva et prit garde à dissimuler en tirant sur sa manche sa montre de quartz qu'il jugeait indigne de ce rendez vous et répondit à son interlocuteur un révérencieux : "bonjour monsieur le directeur".
Ayant passé le pas de la porte, son claquement résonna dans sa tête comme l'aurait fait le marteau d'un juge prêt à annoncer sa sentence.
Il s'avait qu'allait avoir lieu le moment fatidique où à la faveur d'un avis, pourrait se dessiner devant lui la fin de carrière honorable qu'il espérait ou s'abattre la phrase consacrée :

"Votre candidature est intéressante, mais nous n'avons hélas pour le moment aucun poste qui puisse vous correspondre."

mardi 12 mai 2015

Du pain et des jeux

Il y a pire pour l'esprit que la malhonnêteté c'est la fausse objectivité.
Elle enfante la condescendance par opportunité.
Pauvre bête ne tentez pas l'orge avec elle, c'est mon purin d'orties qu'elle préfère.
Mise en pratique dans le domaine politique cette manœuvre donne le Ménarisme.
Une offre intellectuelle oblative à des besoins  dyslexiques.
Adouber par Ariane, Sir Menard part lettre de mission en poche,  comme Lord protecteur des cours d'écoles contre la menace sarrasine et artisan de la reddition du linge sur les balcons de la ville.
Et, à sa numération islamo-enfantine de ces derniers jours R.Ménard répond à qui l'en accuse que lui parle de ce que les français veulent débattre.
Le chômage, le pouvoir d'achat en baisse, la précarité semblent être des chevaux de bataille disqualifiés à disputer le prix du président de la république.
C'est sur le dos du canasson infirme de la haine que notre Don Quichotte Biterrois veux partir en campagne.
Un cerveau correctement oxygéné, permet à quiconque de remarquer l'étendu de cette bouffonnerie.
C'est pourtant avec un aplomb stupéfiant,  que R.Ménard assure parler vrai à des gens qui en ont besoin.
L'invraisemblance du propos dispute à l’ampleur de l'enjeux la préoccupation.
Est ce la perspective que de tels gens puissent présider au destin du pays qui est le plus effrayant, ou qu'ils puissent sans aucun respect évoquer le vide sidérale occupant le crane des français, en insistant sur leurs appétences pour le méprisable au détriment de l'essentiel.

A la grogne de la plèbe, Néron répondait par des combats de gladiateurs et des distributions de pain.
Deux milles ans d'évolution intellectuelle, nous amènent, à R.Ménard dressant des listes d'enfants musulmans et publiant des arrêtés municipaux contre le linge aux balcons comme réponses aux légitimes angoisses Biterroises.

Je décline donc l'invitation aux jeux du cirque et préfère me réfugier dans les rêveries du promeneur solitaire.


vendredi 8 mai 2015

E.Todd, le corbeau et le cochon

Il était une fois un rossignol qui disputait avec le corbeau la beauté de leur voix.
Le corbeau affirmait avoir le chant le plus mélodieux de la foret, et le rossignol affirmait lui être le meilleur chanteur.
Ne pouvant se mettre d'accord, ils demandèrent au cochon qui flânait près d'eux, de les départager.
Ayant écouté les deux compères le cochon donna son avis qu'il voulait le bon et sacra le corbeau phœnix vocal des bois et forêts.
A ce verdict, le corbeau prit son envol comblé de joie et laissa derrière lui un rossignol triste et un cochon gêné.
Le rossignol se laissa aller à quelques larmes que le cochon voulu consoler.
Il lui expliqua que dans la vie, il fallait accepter de ne pas être au goût de tout le monde et que sa décision n'était que l'expression de son appréciation honnête.
Il expliqua aussi qu'il espérait ne pas l'avoir trop blessé par sa décision et qu'il voulait voir leur amitié durer.
Le rossignol remis de sa tristesse, expliqua au cochon sa réaction.
"Vois tu maître cochon ce n'est pas d'avoir vu le corbeau élu voix de la foret qui m'attriste, mais sauf ton respect, c'est d'avoir été jugé par un porc qui m'afflige."

C'est un peu ce qu' Emmanuel Todd doit ressentir devant la levée des boucliers Politico-Journalistique qu'a suscité son denier ouvrage.
La vérité à un gout âpre pour certaines oreilles.
Les chansonnettes réactionnaires néocapitalistes semblent mieux adaptées
à l’acoustique mensongère des salles de concert médiatique.

Cher Emmanuel la vérité est aussi un nom de dieu alors console toi en célébrant ton patronyme et laisse chanter les héritiers de ce Voltairianisme sélectif.



lundi 4 mai 2015

Laurel et Hardy chez le psychiatre

C'est moi Laurel, c'est toi Hardy.
C'est moi le maigre, c'est toi le gros !
Il y a en effet le gros, grossier.
Et il y a le fin, finot.
Les deux sont malades mais présentent des symptômes différents.

Pour le premier c'est simple, il se revendique raciste mais son meilleur ami c'est "Momo".
L'expérience sensible suffit à expliquer son état.
Une autoradio volée, une perte d'emploi, un mariage brisé, un fils de 14 ans qui lui dit "j't'enmerde" et hop le cerveau reptilien se met en marche et se cristallise alors la rancœur contre ce qui n'est pas lui.
Le remède est assez simple et tient à peu de choses : l'accroissement du pouvoir d'achat du sujet en traitement à court terme et la rencontre d'une belle bronzée gironde avec une victoire par semaine  du PSG comme traitement de fond.
Vous trouverez notre ancien facho prêt à se déhancher avec un verre de thé à la main sur du Cheb Khaled ou zoukan frénétiquement sur "vas y Franckie c'est bon" au bras de sa belle entourée de ses frères basanés qu'il aimera sincèrement.

Le second est bien plus sournois.
Le sujet présente lui, un complexe de supériorité théorisé.
En effet ne cherchez pas dans son comportement ou dans son discours la moindre trace de franchouillardise.
C'est son affabilité et sa courtoisie, qui le placent selon lui au dessus de vous.
Il est capital pour lui d'assurer un certain standing à son racisme ; ce qui le rend je vous l'accorde assez dur à diagnostiquer.
Cependant une analyse fine des discours permet de mettre en évidence les symptômes.
C'est par exemple ce voisin qui vous dit bonjour et blague avec vous mais qui se gardera bien de vous adresser la parole si son patron viens dîner chez lui.


Prenez les phrases suivantes pour vous entraîner :

"Alors Hamed tu vas au bled cette année avec la Fatma ? hahahah"
Symptôme de beaufitude aiguë.
Diagnostique et remède assez simple, voir ordonnance plus haut, si la victoire hebdomadaire du PSG ne suffit pas, ajoutez une victoire des bleus par un but de Benzema et un penalty arrêté par Mandanda.

"Vas y nique sa race c'est un sale français"
Symptôme de dysplasie banlieusarde.
Traitement : extirper le sujet de son environnement et le transplanter dans les Vosges pendant une petite année sans accès au centre ville, à facebook ou aux soirées alcoolisées.
Convalescence : lui expliquer à l'occasion que le traitement reprendra en cas de réapparition des symptômes.

"Le petit Mamadou est toujours propre et qu'est ce qu'il est poli"
Symptôme de racismus Britanicus
Sans aucun doute le plus dangereux car le plus difficile à détecter.
Viendrait il à l'idée du sujet de dire de la petite blonde bouclée aux yeux bleus
"La petite Charlotte est toujours propre et polie"
Bien sur que non, mais dans son inconscient qu'un petit français d'origine africaine ait des parents capables de lui inculquer la politesse et la propreté relève du remarquable.
(Je rappel à toutes fins utiles qu'une hygiène correcte et un langage châtié sont des prérequis à tout enfant et même adulte dit normal...)
Autrement dit sa normalité est l’Everest que doivent gravir les inférieurs.

Traitement : par l'éducation et le savoir, lui infliger de régulières leçons de syntaxe et d'histoire.
Ne jamais le suivre même dans la plus infime critique de quelque groupe humain qu'il soit.

Ce traitement peut provoquer chez le sujet une mutation de son racisme vers celui de  type 1.
Dans ce cas vous connaissez le remède mais pensez à vous protéger des éventuels coups et crachats dus aux effets secondaires du traitement pouvant aller jusqu’à l'humiliation si besoin est.

dimanche 3 mai 2015

"Mon sang tot" ou tard sera vengé

Si l'esprit se nourrit d'idées, le ventre lui a besoin de réel.
Un réel qu'il faut payer en cash, et c'est Monsanto qui est derrière la caisse.
Cette firme diabolique n'a que trop bien compris l'enjeu du blé pour les vivants.
Danton affirmait qu'après le pain l'instruction est le premier besoin du peuple.
En effet, si toutes les attaques d'ordre psychologique visant à déliter la société par le biais des saillies verbales de nos politiques représentent un grand danger ; celui de la maitrise des semences qui est la garantie de survie de l'humanité, reste le coup de maitre du diable.
Cette position dominante pourtant interdite par les lois anti trust américaines, n'empêche pas la position hégémonique de Monsanto, sur un marché où le paysan n'a plus aucune alternative pour la continuation de son activité.
Mais non content de profiter outrageusement de cette situation, cette ignoble firme diffuse des pesticides et herbicides notoirement cancérigènes et qui ont pour but de rendre stériles les sols à toute semences qui ne provient pas de leur stock.
La boucle est bouclée, l'anneau maudit forgé dans les entrailles du Mordor capitaliste nous condamne à un monde de supplicateurs devant ramper devant les sociétés comme Monsanto pour une survie de misère.
Bien nous prendrait de réagir à cette funeste perspective.
Un geste simple comme la constitution d'une banque collective de semences porterait un coup fatal à ce projet.
Quand à la réponse aux pesticides et herbicides, la divine providence à choisi un paysan américain qui vient de découvrir un champignon naturel pouvant remplacer de manière naturelle et sans aucun risque les produits ROUND'UP.
Ne rêvons plus et agissons pour un monde meilleur où les biens les plus sacrés comme les semences qui sont un don du tout puissant puissent revenir légitimement à leur vrais propriétaires qui sont les agriculteurs du monde entier.

"C'est par une graine venue de l'Éden que nos enfants renaitront"

lundi 20 avril 2015

Cœurs perdus en Méditerranée

Ils étaient comme poussés inexorablement vers le monstre de fer, emplissant de la proue à la poupe chaque espace de cet estomac rouillé.
Le retentissement du sifflet semblait comme saluer l'arrivée des proies qui s'engouffraient en lui comme s'engouffre l'eau dans les galeries d'une grotte d'où ils ne sortiraient jamais.
Avec l'espoir pour tout bagage, ils avaient la mine défaite qu'impose une vie chargée de peines et d'attentes  et les yeux trop grands de ceux qui cherchent l'horizon comme on cherche sa route par une nuit sans lune.
Le ventre du monstre arrivé à satiété, un dernier coup de sifflet donna le signal du départ  qui arrachait  à leur terre sept cents âmes. Ils quittaient les rivages Libyens ensoleillés de misère pour le salut grisâtre du ciel d’Europe.
Là bas forts de leur volonté, ils se bâtiront un avenir que leur envieraient ceux restés sur plage, observant le sillon blanc que laisse derrière lui le navire tel une voie lactée et qui promet à ceux qui l'empruntent le chemin menant vers les étoiles.
Ils avaient économisé sur leur pain et celui de leurs enfants pendant des mois, pour réunir la somme qui leurs ferait gagner la terre promise où leurs ventres vides trouveraient le miel et le lait qui apaiseraient leur faim.
Alors que le navire toussait sa fumée dans une nuit trop chaude pour ceux se trouvant à fond de cale et trop fraîche pour ceux grelottant sur le pont, le baromètre afficha ce que le marin redoute le plus.
Rien de méchant, juste un peu de vent, le passeur leur avait assuré l'avenir, tout était garanti, la traversée, la prise en charge par les autorités tout avait été prévu.
Quand le premier éclair, déchira le ciel il fut suivi d'un tonnerre qui hurla à leur oreilles comme pour les tirer du rêve vers une réalité qui serait  leur dernier cauchemar.
Là sur le pont Nicolas, serra un peu plus fort entre ses mains la barre d'un navire qu'il savait perdu.
La seule chaloupe du bateau fut mise à l'eau d'où la voix stridente de Bernard Henry lui intimait l'ordre de sauter.
Sautez, mais sautez bon sang !
Jamais, jamais il ne quitterait le navire il était de ces hommes qui sombrait avec leur équipage.
Comment pouvait il laisser à leur sort sept cents êtres humains, qui avaient mis leur confiance et leurs rêves entre ses mains.
Pourtant, alors qu'il luttait contre le déchaînement des éléments , il ferma les yeux et son esprit devint noir et tourbillonnant. Quand il les ouvrit à nouveau il put regarder pétrifié son vaisseau s'enfoncer par la poupe dans les eaux obscures de la mer.
C'était impossible il était toujours à bord, jamais il n'avait sauté.
Il ferma à nouveau les yeux quand pour la seconde fois il les ouvrit, il comprit avec horreur que l’impensable avait eu lieu. la peur lui avait joué le pire tour qui puisse être.
Il avait sauté !
Le rire moqueur du vent transporta jusqu'à la chaloupe les cris accusateurs des derniers suppliciés.
Il était le spectateur impuissant du naufrage d'un navire qui emportait avec lui son âme lestée du plomb de la culpabilité.
Il savait que désormais, il serait quoique le temps fasse, obligé un jour d'affronter une vieille et hideuse sorcière des mers.
Venue pour régler un très vieux compte et qui porterait le nom inscrit sur la coque rouillée d'un navire : BENGAZI.

mercredi 15 avril 2015

Les braves gens


"Si on n'a rien à se reprocher on n'a pas à avoir peur."
Cette phrase restera sans aucun doute dans les annales de la pensée.
C'est en filigrane ce qui se déverse actuellement dans l'imaginaire collectif pour justifier le "patriot-act" en préparation dans les cuisines de la place Beauvau.
Qu'y a- t-il de mal à laisser les autorités écouter vos conversations, épier vos correspondances et même analyser le contenu de votre carnet d'adresse ?
Votre vie dans les mains de gens à la morale aussi haute que nos hommes politiques c'est sans risques.
Imaginons donc le monde préparé par nos Big Brothers :
Oyez Oyez brave gens, nous vous avons concocté une vie modèle vous m'en direz des nouvelles.
Alors réveil 7:00 douche et immersion en douceur dans la matrice avec la Cyril Hanouna en maître de cérémonie, 10:00 décharge d'adrénaline populiste sur RMC avec les grandes Gueules.
14:00 boulot, bah oui on vous paye pas à rien foutre.
18:00 piqûre de rappel décérébrante avec le Big Deal, pour finir à 21:00 avec Master Chef.
Alors c'est t'il pas beau la vie.
Ah! mais non, vous les intellos on vous a pas oublié, 17:00 C dans l'air avec nos brillants analystes Bauer, Sfeir et Barbier.
A 21:00 LCP et l'argent du contribuable pour payer le super reportage de Caroline Fourest sur un truc qui sera la vérité vraie.
Avec ça vous pouvez pas vous tromper.
On a même prévu le petit porno mensuel sur canal ou les fesses de danses avec les stars sur TF1 pour ceux qui n'ont pas les moyens de se payer l'abonnement.
Après ça franchement, s'il vous prenait l'envie de lire du E.Todd, de regarder CSOJ de Taddei, ou d'apprendre à décrypter l'info avec Schneidermann c'est à vos risques et périls.
Ne venez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenu.
Soit vous êtes de brave gens soit vous êtes coupables de possession illégale de cerveau.


 Vous pensez que j’exagère avec cette triste fiction mais je puis vous jurer que nous en sommes très proche.
Dans une société où les citoyens eux même réclament l'incarcération de leur vie privée cette ténébreuse perspective pourrait devenir une bien cruelle réalité.

Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre, et finit par perdre les deux."


Benjamin Franklin

dimanche 12 avril 2015

L'horloge

Entendez vous ?
Si, prêtez l'oreille, voilà c'est mieux, vous entendez ce bruit ? C'est le chant de l'inéluctabilité.
La litanie qui a commencé bien avant vous qui continuera quand les étoiles auront fini de scintiller.
Vos vies s'écrivent sur le métier à tisser du temps que nos aiguilles pointent telles des doigts accusateurs, inscrivants sur les feuillets de l'éternité les actes des commettants.
Cherchez moi, mes sœurs et moi avons toujours été dans les parages, nous sommes témoins de vos doutes, de vos espérances et sommes nées de vos mains.
Bien des yeux se sont posés sur moi, avides de pouvoir retenir la course de mes bras, mais le mouvement du balancier a toujours raison du regard porté et savez vous ce que l'inexorable décide même pour les plus valeurs ? Que chacun de vous devant moi baisse les yeux.
J'égraine les minutes à la saveur de l'éternité pour le palais de l'amoureux qui attend  le ravissement de sont cœur, et décide au grès de mes caprices de faire filer les jours à la vitesse du torrent déchaîné pour celui qui se trouve dans le couloir des condamnés.
Je suis l’impitoyable comptable de vos destinés, qui déclenche le compte à rebours quand joyeux et contemplatifs vous êtes penchés sur le berceau du nouveau né, et ne lui accorderez que le temps imparti même si les bonnes fées me supplient la faveur du délai.
Les métaux les plus durs frissonnent à l'écoute de ma voix ; si beaux et brillants soient ils, ils savent qu'ils finiront écaillés comme ces poissons d'argents pris dans les filets qu'on jette à l'océan et qui ramènent sur la rive les destinées  dont mon verdict a sonné le glas.
Aussi prenez garde à mon chant, et craignez les décrets du temps, car même dans un monde où vous me croirez disparu, le silence est une vertu qui rend audibles les battements des vivants.
Ils rythmeront ma danse macabre que bon gré mal gré vous danserez avec moi.

samedi 11 avril 2015

Le père Goriot au FN



« Goriot mettait ses filles au rang des anges, et nécessairement au-dessus de lui, le pauvre homme ! Il aimait jusqu’au mal qu’elles lui faisaient. » H.de Balzac


Il y a du Balzac dans l'actualité de ces jours.
Un de ces improbables scénarios dont seul le père de la comédie humaine avait le secret et que semble nous jouer la famille Lepen.
Mêlant le tragique au pathétique, Jean-Marie Goriot voit ses ingrates de filles lui jeter au visage son héritage honteux qui a pourtant fait leurs fortunes.
Sa rusticité n'est plus permise dans un monde ou Marine grimée en Delphine mondaine est devenue la coqueluche d'une droite nationaliste décomplexée.
Elle réussit le tour de force d'avoir à ses talons les barons de l'UMP lui disputant à grand renfort de déclarations islamophobe et anti-rom le monopole du nationalisme de salon lisse et policé.
Elle est cependant par son lourd patronyme, obligée de réaliser un numéro d'équilibriste que les déclarations nauséabondes de son père sont venues mettre en porte à faux.
Le vieux grognard aurait du se douter que l'opération de dédiabolisation entreprise par sa fille avait pour finalité la liquidation du diable lui même ; aidé en cela par sa petite fille jouant le rôle d'une Anastasie indécise.
Il est à gager que les liens filiaux, n'auront que peu de force en ces temps troubles que traverse le mouvement.
En effet la mise en examen de Frédéric Châtillon pour blanchiment d'abus de bien sociaux et l'enquête sur les emplois fictifs des attachés parlementaires européens frontistes, risquent pour le moins de pousser Marine à se débarrasser de cet encombrant tribun.
L'heure n'est plus aux joutes verbales dantesques que menait son père sur les plateaux de télé.
Le FN doit aujourd'hui rassurer et ratisser large.
Les élections régionales à venir doivent permettre au front national de s'implanter durablement dans le paysage politique français comme une alternative crédible et non pas comme le jouet de l'artisan du détail.
Le déchirement d'une famille ne laissant aucun de ses membres indemnes, il est à redouter pour les Lepen qu'un certain Florian Philippot tapis dans l'ombre sous les traits d'un Rastignac attendant son heure ne finisse par dire "A nous deux front national".




mardi 7 avril 2015

Bébé à vendre


C'est en gros le fait divers dont les médias ont fait des gorges chaudes ce matin.
Pour rappel des faits, un couple de Roms, a cédé contre huit milles euros et une BMW d'occasion sa petite fille encore nourrisson.
Si l'événement ne manque pas de tragique voir de sordide, il à attiré à sa suite la cohorte des pharisiens habituels.
Cette foule d'enragés ce succédant sur les ondes pour crier à mort sur des parents si indignes à leurs yeux, cette multitude pierre à la main prête à lapider les coupables.
Autant d'ardeur à dénoncer force l'admiration !
Appeler une antenne de radio en plein trajet ou depuis son travail pour exprimer son indignation révèle sans aucun doute d'un très haut niveau de moralité.
On se rêve à penser d'un monde ou la bonté et le pardon auraient autant de place que la Némésis vengeresse dans la morale collective.
Un monde ou bien sur l'acte est jugé mais ou les causes de cet acte seraient également sur le banc des accusés.
Qui pense qu'on puisse vendre la chair de sa chair sans avoir touché les profondeurs obscures.
La justice veut que ce couple si condamnable soit il ait un procès équitable.
Et pas d'équité sans la présence des complices.
La misère, le désespoir, les financiers de tout bord, les patrons voyous, les consommateurs sans étiques, les citoyens aveugles ont autant leur place dans le box des accusés que ce couple.
Parrainer un enfant reviens déduction fiscal faite à douze euros par mois.
Si vous êtes du nombre de ces bonnes âmes qui ont vociféré ce matin sur les ondes pour condamné ces pauvres gens et que dans le même temps vous ne soyez associés à aucunes causes pour soulager la misère de ce monde, et bien estimé le prix de votre morale.
Non inutile de l'estimé au prix de l'or ou de l'argent, cherchez plutôt dans le fond de votre poche car son prix ne dépasse pas la dizaine d'euros.
Ils en faudra d'avantage pour vous racheter.
Vous vous émouvez et vous scandalisez du sort de cette enfant quand ça ne vous coûte que le prix de l'air.
Ou est votre émotion quand vous passez la mine dégoutté devant leur camps d'infortune.
Vous êtes vous déjà arrêté pour échanger avec eux, pour leur parler comme à vos semblables qu'ils sont, hypocrite que vous êtes ?

"Pardon, miséricorde, justice, vous fermez le royaume des cieux aux autres et vous n'y entrez pas vous même.
Vous êtes comme des sépulcres blanchis, beaux à l'extérieur et plein de toutes sortes d’impuretés au dedans
Race de vipère,  comment échapperez vous au feu de la géhenne ?" JESUS sws

Mais si toutefois et je gage que vous êtes plus nombreux que ces faux vertueux, vous êtes de ces gens qui allégeaient le fardeau des plus démunis, alors de grâce gardez vous de tout jugement mais redoublé d’efforts pour bâtir un futur meilleur.

Et si ma supplication ne vous convint guère "alors que celui qui n'a jamais pêché leur jette la première pierre."

vendredi 3 avril 2015

Le royaume d'Obéron


A, alpha le commencement ; c'est la lettre que j'ai égaré.
Ne l'ayant plus, j'ai perdu mon mariage et hérité du mirage.
Le souvenir du songe d'une nuit d’été.
Nous fallait il plus qu'un peu de pain et de bien pour continuer ?
C'est quand j'ai cessé de chérir le début  que la fin est venue.
Quand lassé par les ans j'ai négligé mon propre enfant.
Celui que j'avais faire naître par une promesse et scellé par le oui coutumier.
Aujourd'hui je me suis parjuré, j'ai abdiqué.
J'ai trahi le serment!
Et tout ça pour du vent !
Pour une brise mensongère, pour des paroles de mauvaises gens.
Par le temps ! était il si dur de s'enjoindre droiture et patience ?
Nous, ne pouvait il perdurer ?
Si surement, mais je me suis enivré à l’alcool de mon ego et suis devenu sot !
Pris dans la spirale du moi j'en ai oublié le nous qui fait de deux un tout.
Dans le forêt de Puck j'ai couru et me suis essoufflé, mais par la grâce du ciel au matin me suis éveillé.
Le cauchemar a pris fin et j'ai pu voir à nouveau l'horizon débarrassé de mon ego.
Je conjuguerai dorénavant le futur à la première personne du pluriel.
Le souvenir amer de ce songe d'une nuit d'été, me rappellera pour les jours à venir que les rêves de charmes peuvent devenir maléfices.
Et que dans la forêt d'Oberon seul les ânes tournent en rond.



mercredi 1 avril 2015

Aimes tu ou t'aimes tu ?


L’amour, qu'on m'en parle et mon sang ne fait qu'un tour.
Tu connais l'amour ?
Tu aimes ? Où est ce que c'est l’œil de l'autre que tu chéris, que tu recherches ?
Parce qu’aimer en retour d'amour c'est apprécier ce qui est aimable en toi dans les yeux de ceux qui t'entourent et donc finalement ; toi même.
Pauvre narcisse tu te penches sur le reflet d'un ego et tu souffres de l'absence de  miroir à ta droite à ta gauche.
Le chien aime la main qui le nourri.
Amour pour son maître ? Non
Amour de soi,  de la nécessité impérieuse à lui exprimer qu'il est digne de lui et toujours et inexorablement amour de lui même.
L'amour est joie, sensation et retour.
Mais aussi abnégation, effort, lutte et extase.
L'amour c'est le bien, le bien fait à l'autre car il est autre.
Pas un pâle reflet de toi ou de ce que tu penses être.
L'amour c'est la mère inquiète qui veille son enfant.
Pas l'admiration de l'esthétisme artificiel.
L'amour c'est ce proche qui te dis ne prend pas froid, prend soin de toi.
Pas ceux pour qui tu n'es que la somme de ce qui leur est utile ou enviable.
L'amour c'est la beauté de la création, qui chante sur la divine mélodie de la vie.
Pas cette cacophonie insipide qui vomie des discours d'accomplissement de soi.

Sois généreux, transcendant, et courageux.
Enfin admire le beau, et à tout jamais l'amour sera ton reflet.



mardi 31 mars 2015

Couvrez cette kippa que je ne saurais voir !

Au deuxième tour de la passionnante élection départementale de ce dimanche,
Un citoyen en compagnie de son fils venu exercer son devoir d'électeur, a eu la mauvaise idée de retirer son chapeau par signe de politesse.
Mal lui en à pris car ce geste de courtoisie a laissé paraître une chose insupportable et pouvant gravement porter atteinte à la laïcité : une kippa.
Sommé par un Tartufe de fonctionnaire de la retirer, ce citoyen a rétorqué à juste titre que ce signe n'était en rien une menace pour qui que ce soi et que si tout à chacun a le droit de voter avec une casquette sur la tête lui ne voyait pas en quoi ce rond de tissu sur la sienne posait un problème.
Et bien notre infortuné ami n'avait peut être pas pris la mesure de la détestation que suscite toute forme de soumission à autre chose qu'aux dictâtes de la pensé unique.
Se soumettre aux CAC40 oui, a dieu c'est intolérable.
Je peux sans problème venir voter en arborant des vêtements de marques qui bafouent les droits les plus élémentaires des salariés comme H&M et ses ateliers du Bangladesh, ou encore de celles qui emploient des enfants dans des usines du tiers monde comme NIKE , c'est tout à fait normal.
Mais porter un signe de croyance ; quelle horreur.
Navrant !
Un temple de la démocratie ou les suppôts les plus abjects de l'arrogance financière ont droits de cité quand une kippa, une croix ou un foulard sont illégaux préfigure d'un monde bien triste.
C'est donc en citoyen que je m'adresse aujourd'hui à ce Rabbin pour lui faire part de mon soutien et de mon amitié de Français, d'homme, mais plus important de CROYANT.


dimanche 22 mars 2015

Aziza Othmana




Princesse au ciel d'or et d'argent.
Elle se dresse le corps blessé,
Mais l'âme à tout jamais épargné.

Elle est de ces belles d'orient,
Qui font fassent fièrement
Aux sultans, aux dictateurs, aux présidents.

Elle est la première parmi ses sœurs
à avoir dit s'en est assez.
Et pour cela lourd est le prix à payer.

Mais le sang d'Hannibal dans ses veines
lui rappel que devant l’extrême
Il ne sied pas de capituler pour une reine.

Le combat sera mené pour ses enfants
Car quand les barbares attaquent un musée
C'est la mémoire de ses ancêtres qu'on veut assassiner.

L'indomptable Medjerda, balaiera les sanglants
Et à Zama le monde pourra admirer
La Tunisie à nouveau triompher.



samedi 21 mars 2015

Une bibliothèque disparait


Ils sont de ceux dont on parle au passé.
Leurs cheveux d'argent soigneusement peigné, sont les témoins des années oubliées.
Ils rythment leur vie au grès d'habitudes comme pour conjurer ce futur trop étroit pour eux.
Ils savent qu'ils sont entrés dans la demeure où le jour baisse.
Ils se rappellent du temps jadis où on s'adressait à eux avec respect.
Aujourd'hui plus de dialogue, juste un chuchotement agacé derrière la porte.
Celui du fils au téléphone disant à sa sœur "c'est ton tour ce weekend d'aller les voir."
Ils feindront de ne pas avoir entendu, et diront "embrasse les enfants et sois prudent."
A nouveau seul dans la maison, ils dîneront entourés des photos au mur attestant qu'ils ont existé.
La symphonie prend fin et voici qu'approche le requiem.
Et venue l'heure où la voiture ne sortira plus du garage.
Et où on décidera pour eux d'un dernier voyage.
On utilisera à nouveau la vieille valise de carton qui les accompagnera vers la demeure du crépuscule.
Celle ou ces femmes habillées de blanc leurs diront chaque matin :
"Alors comment va t'on aujourd’hui ?"
Et après chaque visite des leurs enfants,
Ils espéreront que sera redouté et non attendu,
Cet appel qui dira qu'ils ne sont plus.


mardi 17 mars 2015

Paysans !



La terre !
Certains en sont pétris, c'est même leurs vies.
Ceux qui nous donne la délectation par la sélection.
Ils saluent le soleil quand il se lève et redoublent d’efforts pour  finir avant l'étreinte de la nuit.
Ils sont de ces gens qui parlent peu et dont peu parlent.
Et pourtant sans eux point de salut pour les bavards.
Pour eux pas d'honneurs, n'y de statues n'y d'oripeaux, juste parfois quelques lignes dans les journaux.
Ils grattent pourtant la terre, sans jamais de cessent n'y jours de repos.
Car il faut veiller sur le bétail pour nourrir les veaux.
Pourtant à certain d'entre eux il est arrivée de semer et de ne rien récolter.
La corde attend dans la grange pour mettre fin aux sillons arides qui mènent vers le refus des usuriers.
Et de la part de la société pas même une pensée pour prix de nos denrées.
Si une émission de télé, pour les faire passer pour des crétins, des abrutis, des benêts.
L'amour est dans le prêt nous à ton dit.
Oui il est dans le près, mais hors caméra.
Ils sont les amants d'une belle sans cesse féconde, et ont assez d'esprit pour nous offrir à nous pauvres impuissants les fruits de cet amour.
Sel de la terre, nous vous devons la civilisation et nos lendemains.
Que le créateur bénisse ces mains courageuses qui chaque jour pétrissent cette terre pour notre bonheur à tous.
Merci à vous damnés de la terre,  filles et fils de la pluie et du vent.
Pouvons nous vous faire plus bel hommage, qu'en respectant le fruit de votre travail et en appréciant chacun de vos aliments.
A jamais nous sommes vos débiteurs et comme le dit le proverbe :

"Si derrière la charrue il n'y avait pas un paysan il ne pousserait que misère et chiendent."
Citation du Commandeur.

lundi 9 mars 2015

Le grand remplacement.


La théorie développée par R.Camus tente à démontrer la fin d'un modèle de civilisation au profit d'un autre.
Les nouveaux arrivants musulmans seraient selon lui les excipients du principe actif qu'est l'islam.
Il ne reconnait plus comme le dit la chanson n'y les murs n'y les rues qui ont fait sa jeunesse.
Il monte l'escalier et trouve à la place de l'atelier ...une boucherie hallale.
Mais où est son modèle ?
Ou son passé les bals musettes et les nappes à carreaux.
Ou sont passé les Maurice Chevalier et les bistros d’antan ?
Pauvre monsieur Camus, et oui il y bien eu un remplacement mais pas celui que vous présentez.
Ce monde que vous regrettez n'est pas le votre, c'est celui de votre père qui a capitulé.
Vous pleurez un cadavre froid monsieur.
Votre douce France a pris fin avec le débarquement.
C'est la perfide Albion et sa jeune sœur qui ont eu raison du cher pays de votre enfance.
C'est le complexe d'infériorité développé par votre père qui est responsable de ce remplacement, pas l'arrivée du mien.
A notre arrivée vous mangiez déjà du chewing-gum, vous dansiez le twist sur du Hallyday, du Dick Rivers ou du Eddy Mitchell vous portiez des bleu Jeans la mutations avait déjà eu lieu.
L’Anschluss culturel c'est le tribu du vainqueur.
Il faut payer le prix du strapontin de Yalta.
Aussi je peux comprendre cette frustration qui vous habite en voyant les colonisés d'hier conservés des brins de culture.
Mais Renaud croyez en ma sincérité quand je vous assure que votre jambon beurre n'est pas la victime du kebab, mais bien celui du Hamburger.