dimanche 25 octobre 2015

Société juste ou juste la société ?

La société, c'est cet ensemble qui est censé garantir à chacun le respect de ses droits en échange du respect des devoirs.
Alors que penser d'une société où la violence la plus extrême peut s'abattre sur une partie de ceux qui la compose de manière "légale" quand à l'inverse une chemise déchirée provoque une vague d'indignation politico médiatique ?
Car en effet, si le streap tease involontaire du DRH d'air France le laissant top less devant les caméras n'est pas des plus délicats, il parait évident à chacun que son sort est sans commune mesure avec celui de ce père de famille qui rentre le soir chez lui et qui doit expliquer que malgré les excédants fabuleux de son entreprise, "ON" a décidé de le licencier.
N'est ce pas dans la considération des situations que la violence prend tout son sens. C'est le début pour ces milliers de personnes de la lente descente vers la précarité, vers les rendez vous honteux à la banque,vers parfois des drames familiaux où celui qui a joué le jeu se voit subitement consideré comme une charge.
Alors oui, j'ose dire que déchirer la chemise de celui qui vient vous expliquer que vous n'êtes plus utile, plus rentable et qu'à cet égard vous êtes remercié n'est pas un crime, c'est tout au plus le cri de désespoir de condamnés qui savent que débute pour eux une traversée d'un désert parfois fatale.
C'est le dernier soubresaut de dignité qui dit nous ne nous laisserons pas anéantir sans résister.
Si je compatis humainement au choc psychologique qu'a pu vivre ce DRH et que dans une société juste ce geste n'aurait pas du avoir lieu, alors que mérite le conseil d'administration d'une société qui pour faire saliver ses actionnaires, n’hésite pas à licencier des milliers de loyaux salariés ?
Bénéficieront ils de la même bienveillance médiatique ?
Ou est ce à dire que la société nous enseigne que les violences permises en son sein, sont celles qu'elle juge rentables?

jeudi 22 octobre 2015

Entre Ciel et Terre

Il avait pour lui les certitudes inébranlables que confère la sécurité d'une existence à l'abri des épreuves et réagissait aux destins tragiques de ses semblables avec la mesure des gens bien nés.
La vie avait fait de lui un de ces hommes sûrs de leurs opinions ; qui estimait au jugé et qui donnait aux autres son avis qu'il voulait le bon sur chaque chose.
Au hasard des occasions, il théorisait le si, expliquait le ça et dans sa bouche, les souffrances et les faiblesses s'articulaient en une équation d'éléments déterminés à ne donner rien d'autres que ce à quoi ils avaient concouru.
Mais restait la question du pourquoi.
Cette particule primaire qui échappe à tout raisonnement.
Cette brique élémentaire de la vie qui n'a ni masse, ni taille et qui pousse à faire le choix de l'autre au détriment de soi.
Le créateur swt l'a fait naître, la vie l'a fait grandir.
Elle nourrit le ballet cosmique qu’exécute la matière et crée le pont entre le visible et le caché.
Malheur à celui qui en est pauvre car en effet alors toute vie s'explique, se calcule se jauge.
Mais toute chose étant inscrite dans le temps alors vient l'heure de la vacuité.
Amour et espoir ne sont plus alors que des orphelins sans racines, infortunés spectateurs d'un néant inéluctable.
Mais voici qu'à la faveur d'une épreuve, la question revient.
Pourquoi ?
Pourquoi moi, pourquoi à moi ?
Les mathématiques ne suffissent elles donc plus à bien vivre ?
Est ce à croire qu'une autre science réclame sa livre de néant ?
Une vie affranchie du fardeau de la compassion ne rendrait-elle pas indestructible ?
Ne reste au finir du funeste raisonnement que l'inévitable abandon.
Cette remise de son âme aux mains de qui la consolera.
Mais il est un préalable au céleste voyage.
Déployer les ailes faites de la particule élémentaire qui est la foi.