jeudi 22 octobre 2015

Entre Ciel et Terre

Il avait pour lui les certitudes inébranlables que confère la sécurité d'une existence à l'abri des épreuves et réagissait aux destins tragiques de ses semblables avec la mesure des gens bien nés.
La vie avait fait de lui un de ces hommes sûrs de leurs opinions ; qui estimait au jugé et qui donnait aux autres son avis qu'il voulait le bon sur chaque chose.
Au hasard des occasions, il théorisait le si, expliquait le ça et dans sa bouche, les souffrances et les faiblesses s'articulaient en une équation d'éléments déterminés à ne donner rien d'autres que ce à quoi ils avaient concouru.
Mais restait la question du pourquoi.
Cette particule primaire qui échappe à tout raisonnement.
Cette brique élémentaire de la vie qui n'a ni masse, ni taille et qui pousse à faire le choix de l'autre au détriment de soi.
Le créateur swt l'a fait naître, la vie l'a fait grandir.
Elle nourrit le ballet cosmique qu’exécute la matière et crée le pont entre le visible et le caché.
Malheur à celui qui en est pauvre car en effet alors toute vie s'explique, se calcule se jauge.
Mais toute chose étant inscrite dans le temps alors vient l'heure de la vacuité.
Amour et espoir ne sont plus alors que des orphelins sans racines, infortunés spectateurs d'un néant inéluctable.
Mais voici qu'à la faveur d'une épreuve, la question revient.
Pourquoi ?
Pourquoi moi, pourquoi à moi ?
Les mathématiques ne suffissent elles donc plus à bien vivre ?
Est ce à croire qu'une autre science réclame sa livre de néant ?
Une vie affranchie du fardeau de la compassion ne rendrait-elle pas indestructible ?
Ne reste au finir du funeste raisonnement que l'inévitable abandon.
Cette remise de son âme aux mains de qui la consolera.
Mais il est un préalable au céleste voyage.
Déployer les ailes faites de la particule élémentaire qui est la foi.